Aymeric Rouillac

Stagiaire commissaire-priseur & Cie

27 mars 2009

LA COLLECTION DE TABLEAUX DE MARC ELDER EN VENTE PUBLIQUE

OUEST FRANCE, Au fil de l'info, Nantesµ

Marc Elder, prix Goncourt 1913 et conservateur du château des ducs de Bretagne est au centre d’une vente de succession, à la salle Couton & Veyrac. Resté dans l’histoire pour avoir coiffé sur le poteau Proust et Alain-Fournier au Goncourt 1913, Marc Elder fut aussi un grand collectionneur. on trouvera dans cette vente plusieurs lots de correspondances, notamment avec Claude Monet et Gaston Chaissac. Exposition gratuite le samedi 28 mars de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h, le dimanche 29 mars de 15 h à 18 h, le lundi 30 mars de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h, le mardi 31 mars de 9 h à 11 h et pour les bijoux le mercredi 1er avril de 9 h à 11 h. À l’hôtel des ventes, 8-10, rue Miséricorde à Nantes. Tél. 02 40 89 24 44. Vente de la succession Marc Elder le mardi 31 mars à 14 h.

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MARC ELDER, PRIX GONCOURT A VENDRE

PRESSE OCEAN, PATRIMOINE
Le 31 mars, des lettres de Claude Monet et de Gaston Chaissac aux enchères

Marc Elder (1884-1933), ancien conservateur du château des ducs de Bretagne, prix Goncourt 1913.   

Après Julien Gracq, les biens de l'écrivain Marc Elder seront dispersés à l'Hôtel des Ventes rue Miséricorde.

Difficile de trouver une photo de Marc Elder (1884-1933), ancien conservateur du château des ducs, prix Goncourt 1913. L'une des rares images de ce Nantais, qui se battit bec et ongles en son temps contre les comblements de la Loire, se trouve dans un ouvrage qui lui est consacré. Un fonctionnaire à la mairie de Nantes, Roger Douillard, se passionna en effet pour l'homme et écrivit la seule biographie (en l'état actuel des connaissances) de Marc Elder en 1988, aux éditions du Cid. Mais le destin, cruel, allait frapper Roger Douillard, qui devait s'éteindre un an avant la parution de ce livre, aujourd'hui épuisé.

Douze romans

Critique d'art, Marc Elder, de son vrai nom Marcel Tendron a écrit douze romans de fiction, des essais (sur Mirbeau, Romain, Rolland, Monet..), un livre sur Jacques Cassard et trois autres regroupant des nouvelles, dont « Croisières ». On les trouve parfois au gré des ventes de livres d'occasion sur internet mais, grosso modo, l'ensemble de sa prose est aujourd'hui épuisée. Seul « Le Peuple de la mer », dont l'une des éditions est illustrée par une autre célébrité locale, le Nazairien et Seiz Breur (mouvement artistique breton) René-Yves Creston est encore disponible. Cet ouvrage, aujourd'hui méconnu, devança « Le Grand Meaulnes » de Fournier » et « Du côté de chez Swann » de Marcel Proust au Goncourt (!)

Monet et Chaissac

En tant que fondateur de la société des amis du Musée des Beaux-arts, Marc Elder, familier du peintre Claude Monet, reçut des mains du maître une version des Nymphéas (1917), intitulée « Les Nymphéas à Giverny ». Pour l'anecdote, ce tableau fut jugé trop audacieux à l'époque par la commission de surveillance du Musée. Si aucune toile de Monet ne sera mis en vente, en revanche, dix-sept lots de sa correspondance (de 1880 à 1896) avec Marc Elder seront dispersées. Dans l'une de ces missives, en date du 9 mai 1922, le vieux peintre se lamente sur le fait qu'il devienne aveugle.

Dans la même lignée, des lettres de Gaston Chaissac, plume mordante et caustique s'il en est, devraient plaire aux amateurs de cet artiste de l'art brut, de Sainte-Florence en Vendée. Au chapitre nantais, quelques tableaux d'Edmond Bertreux, de René Pinard, Joël Dabin, Louis Braquaval, Jean-Emile Laboureur, Maxime Mauffra, Picou Henri-Pierre, Auguste Lepère, René Goulet et Jean Billecocq complètent cette vente.

Stéphane Pajot

stephane.pajot@presse-ocean.com

REPERES

Exposition gratuite le 28, 29 et

20 mars. Horaires de bureaux. Et le 31 mars de 9 h à 11 h. Hôtel

des Vente de Nantes, 8 rue Miséricorde. Partie orfèvrerie et

bijoux le 1er avril. Tel : 02 40 89 24 44. Liste et photos

sur : www.interencheres.

com/44003

Des tableaux de Bertreux, Pinard, Dabin, Braquaval, Laboureur

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21 mars 2009

LA SUCCESSION MARC ELDER A NANTES

       

Interencheres.com donne la parole aux commissaires-priseurs de demain !

Aujourd'hui, Aymeric Rouillac, stagiaire chez la maison de ventes Couton,Veyrac et Jamault à Nantes présente leur vente du 31 mars prochain.

Stagiaires dans des maisons de ventes, les élèves commissaires-priseurs seront amenés dans un futur proche à tenir eux-mêmes le marteau d'ivoire. Interencheres.com leur ouvre ses pages pour qu'ils nous parlent des ventes aux enchères à l'organisation desquelles ils participent.

 


Le critique d’art Marc ELDER, prix Goncourt 1913 et conservateur du château des ducs de Bretagne, est l’invité de prestige de la belle vente organisée par Maîtres COUTON, VEYRAC et JAMAULT à Nantes le 31 mars 2009.


En arrivant à Paris après des études nantaises, Marcel Tendron (1884-1933) prend le nom de plume de Marc ELDER et obtient le Prix Goncourt en 1913 pour « Le peuple de la mer » face au « Grand Meaulnes » de Fournier et « Du côté de chez Swann » de Proust. Il publie de très nombreux romans, tous marqués par la mer, Nantes ou la Bretagne mais aussi des essais sur ses contemporains : Mirbeau, Romain Rolland, Monet, Renoir... dont il est proche. RENEFER, ANTRAL, DIGNIMONT, BELOT ou CRESTON illustrent alors ses ouvrages. A partir de 1919 il revient à Nantes où il est nommé conservateur du Château des Ducs, face auquel la ville de Nantes a nommé une place en sa mémoire.



n° 64 - Henri Baptiste LEBASQUE (1865-1937) :
« Tente sur la plage », Aquarelle.
Estimation : 2500/3500€

Sa collection personnelle de tableaux illustre ses amitiés artistiques et littéraires et ses choix de critique d’art-conservateur. On y retrouve tant une scène bretonne du Suisse BORGEAUD, qui n’a commencé à peindre qu’à l’âge de 40 ans, en dehors de tout courant et dont la dernière exposition eu lieu à Nantes en 1924 (lot 42) que des aquarelles de plage par LE BASQUE (lots 63 et 64), de nombreux bois de son ami graveur BELOT (lots 4 à 9) ou un début de lettre illustré par DIGNIMONT d’une scène de maison close (lot 13) !



n° 42 - Marius BORGEAUD (1861-1924) : « La lecture »
Huile sur toile signée.
Estimation : 4000/6000€

Fondateur de la Société des Amis du Musée des Beaux-arts de Nantes, Marc Elder souhaitait créer une salle de peinture moderne au Musée et y faire entrer des Monet. 17 lots de correspondance (lots 80 à 96) avec Claude MONET illustrent ce projet. Certaines lettres apportent un témoignage poignant sur la perte de vue du maître qui lui écrit ainsi le 9 mai 1922 : « Je sentais que ma vue, chaque jour, diminuait, et je voulais profiter du peu de ma vue pour mener à bien certaines de mes décorations, et j'ai eu grand tort, car finalement il m'a bien fallu constater que je les abîmais et que je n'étais plus capable de rien faire de beau, et j'ai détruit plusieurs de mes grands panneaux. Aujourd'hui je suis presqu'aveugle et dois renoncer à tout travail » (lot 82).



n° 83 - Claude MONET. L.A.S.,
Giverny 24 septembre 1922, [à Marc ELDER]
Estimation : 2000/2500€


L’autre figure artistique de la vente est celle de Gaston CHAISSAC (1889-1973), autodidacte de l’art brut porté au pinacle par Jean Dubuffet. 16 lots de correspondances (lots 97 à 99d) avec Marcel CHABOT, poète vendéen, font entrer la vacation dans un monde codé et mystérieux, où les lettres se succèdent aux collages et aux dessins. Il explique ainsi qu’il « œuvre maintenant dans un esprit capable d’intéresser au moins le voisinage », par « l’art des cache-pots maison » (lot 99b).



Gaston CHAISSAC. L.A.S. avec dessin et collage
Ste Florence 16 avril 1957, à Marcel CHABOT
Estimation : 2000/2500€
   

Les enchères se poursuivent avec les tableaux, comme ce curieux portrait de BOUCHARDY croqué au début du XIXème siècle dans les jardins du Palais Royal à Paris (lot 119), un important convoi de prisonniers vendéens par LE BLANT (lot 153), des projets de menus publicitaires de L’INDUSTRIEL NANTAIS LU (lot 155), un moulin de la presqu’île guérandaise par MAUFFRA (lot 160), ou un ALBUM DE PHOTOGRAPHIES de la station balnéaire de La Baule au tournant du XXème siècle (lot 178).



n° 153 - Julien LE BLANT (1851-1936) :
« Le convoi de prisonniers, scène des guerres de Vendée »
Huile sur panneau d'acajou signée.
Estimation : 7000/10000€

La fin de la vacation est consacrée aux objets d’art et mobilier. Les charmants petits OBJETS DE VITRINE du règne de Napoléon III - carnets de bals, fume cigarette et autres porte-monnaie, sont une invitation à sortir dans le monde (lots 210 à 233). Une sélection de VERRERIE ART NOUVEAUX (lot 276 à 284) et de BRONZES ART DECO devrait quant à elle ravir les amateurs. Plus curieux : une PAIRE DE DEFENSES D’ELEPHANT mesurant plus de 1,80 mètre (lot 303) est un souvenir d’une époque où Nantes étaient résolument une ville portuaire, tout comme cette ENFILADE EN ACAJOU du XVIIIème siècle (lot 311).



n° 311 - Buffet enfilade en acajou
Travail Nantais d'époque Louis XV.
Estimation : 6000/8000€


Last but not least, une RONDACHE DE PAREMENT (lot 360), directement inspirée des fabuleuses productions italienne de la seconde moitié du XVIème siècle a été fondu en bronze, probablement dans la seconde moitié du XIXe siècle. Les reprises de couples mythologiques laissent deviner une commande privée à un atelier réputé pour une femme figurant dans un médaillon au sommet du bouclier : comme pour mieux se protéger des flèches de l’Amour ?


 

n° 360 - Rondache de parement en bronze
décoré de scènes mythologiques sur le thème de l'Amour
Epoque Napoléon III.
Estimation : 1500/2000€
    

La vente reprend le 1er avril avec l’orfèvrerie puis les bijoux et les diamants. Une ménagère de plus de 10,5 kg d'argent (lot 427) est concurrencée par une paire de candélabres de Style Régence du même métal (lot 448) ou une verseuse fabriqué à Brest en 1760 (lot 458). Une suite de douze couverts à dessert en vermeil par ANDRIEU porte des armes enturbannées très folkloriques (lot 459). Ce qui n’est pas le cas des couverts en argent de la famille DE LANTIVY dont la couronne de marquis domine la sage devise "qui désire n'a repos" (lot 479).





Les diamants sont éternels  somme nous tenté de fredonner devant une pierre de 2,52 carats d’une couleur exceptionnelle de E (lot 588), ou d’un autre diamant d’une taille de 5 carats (lot 586). A tout seigneur tout honneur,  c'est avec le bijoutier WIESE, fleuron des collections du musée des Arts Décoratifs à Paris, que nous finissons cet aperçu avec un collier en or rose composé de maillons cordés et lisses, retenant trois pièces de style antique à décor de profils (lot 587).



n° 587 - WIESE : Collier en or rose
composé de maillons cordés et lisses,
retenant 3 pièces de style antique à décor de profils.
Estimation : 5500/6000€


Pour retrouver tous lots illustrés de ces deux ventes aux enchères, cliquer sur les liens suivants :

- Vente du 31 mars :  Tableaux, Estampes, Autographes, Objets d'art, Mobilier, etc.

- Vente du 1er avril : Argenterie XVIIIème et XIXème siècle, très beaux bijoux

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26 décembre 2008

ARMELLE EST UNE MINNI MOSKOWITZ

Minnies_Banner

Un groupe de POP sans guitare et sans complexe à découvrir de toute urgence sur myspace : une encore un projet succès d'ARMELLE. Bravo !

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21 novembre 2008

GRACQUISSIME

LA GAZETTE DE L'HÔTEL DROUOT, par Chantal HUMBERT

5 205 € frais compris.
Portrait au masque, tirage argentique anonyme d’époque,
24 x 18 cm.
Gracq, dernier des écrivains classiques
Moins d’un an après sa disparition, l’écrivain Julien Gracq (1910-2007) se retrouvait sous les feux de l’actualité. Après la remise officielle de tous ses manuscrits à la Bibliothèque nationale de France, la vente de succession des collections provenant de l’appartement parisien de la rue de Grenelle et de la maison familiale de Saint-Laurent-le-Vieil était couronnée d’enchères exceptionnelles. L’ensemble recueillait près de 900 000 €, 100 % des lots étant vendus à plus de 400 % des estimations ! L’État utilisait soixante-cinq fois son droit de préemption, à l’exemple des 93 000 € enregistrés sur l’importante correspondance entre l’auteur du Rivage des Syrtes et André Breton, en faveur de la bibliothèque Jacques Doucet. La première lettre, datée du 13 mai 1939, commence par un aveu du peintre surréaliste : "Je vous dois deux immenses plaisirs : j’ai lu d’un seul trait sans pouvoir une seconde m’en détacher Au château d’Argol et votre livre m’a laissé sous l’impression d’une communication d’un ordre absolument essentiel. Il a pour moi tous les caractères d’un événement indéfiniment attendu et depuis mon premier contact avec lui, je n’ai cessé de lui découvrir des prolongements dans la sphère de mon émotion." Quant aux dernières lignes, datées du 6 mai 1966, elles sont écrites sur une carte postale envoyée de Quimper, quatre mois avant la mort d’André Breton : "Jusqu’à ce quai qui garde trace de votre pas si bellement mesuré tout au long de l’Odet sous les marronniers roses en fleurs... Vous êtes de ceux qui SAVENT". La ville de Nantes faisait quant à elle préempter le livret scolaire de son ancien "élève d’élite", cédé pour 4 000 €. L’une des principales surprises fut également l’ensemble de lettres, de dessins et de photos adressé à Julien Gracq par René Magritte, le fondateur du surréalisme belge. Annoncées autour de 2 500 €, deux lettres pulvérisaient les estimations et nécessitaient 61 960 € frais compris. Avec une grande sensibilité, l’une commente Le Beau Ténébreux ; dans la seconde missive, René Magritte confie à l’un des "rares écrivains vivants [qu’il] sache lire" ses difficultés à titrer ses tableaux. Des écrivains contemporains, tel Régis Debray, des éditeurs ainsi que des grands collectionneurs ont débattu avec ferveur les ouvrages de Julien Gracq, enregistrant 154 000 €. Plusieurs éditions originales ont d’ailleurs inscrit des records comme les 45 000 € du Rivage des Syrtes, publié en 1951 par Corti à Paris. Au total, la succession Julien Gracq remportait aussi un réel succès populaire. Plus de 2 000 visiteurs ont fait le déplacement et, comme le remarque Me Henri Veyrac, certains d’entre eux, au budget modeste, ont "pu repartir avec un souvenir du maître, tel ce lampadaire de la rue de Grenelle adjugé 20 €"...
Nantes, mercredi 12 novembre. Couton & Veyrac SVV, en présence de Me Thébault. MM. Lhermitte et Bodin.

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13 novembre 2008

L'ETAT S'OFFRE UNE PARTIE DES BIENS DE JULIEN GRACQ

LE MONDE, Culture, par Alain BEUVE MERY

NANTES ENVOYÉ SPÉCIAL

   

Julien Gracq était un passionné d'échecs, mais jouait sur un échiquier en plastique. Mercredi 12 novembre, cet échiquier a été acquis par un particulier à la salle des ventes de Nantes, où étaient dispersés les livres, correspondances, tableaux et mobiliers, ayant appartenu à l'écrivain, mort le 22 décembre 2007. Des biens retrouvés dans son appartement parisien et dans la maison de ses parents, devenue la sienne, à Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire).

L'Etat a préempté 70 lots, notamment le livret scolaire brillant de l'élève Lucien Poirier (le nom d'état civil de l'écrivain) au lycée Clemenceau de Nantes. Il ira enrichir le fonds de la ville

Avec le peintre René Magritte, Juien Gracq échangeait "des coups" aux échecs. "J'espère qu'un jour nous aurons peut-être l'occasion de jouer ensemble, sans l'interminable recours à la correspondance", lui écrivait l'artiste belge. Les lettres avec dessins, réparties en quatre lots, adressées à l'écrivain, ont atteint la somme record de 133 000 €.

Homme méthodique, Julien Gracq avait réglé sa succession par testament. Il a légué l'ensemble de ses manuscrits et carnets, qui ont été remis le 16 octobre à la Bibliothèque nationale de France (BNF). Il a aussi fait don de ses biens immobiliers, mais il fallait vider les lieux. Ce sont des cousins qui se sont retrouvés légataires des biens pour lesquels il n'avait pas désigné d'acquéreur. Qualifiée d'"unique et exceptionnelle" par Me Veyrac, l'un des deux commissaires-priseurs qui l'organisait, la vente a rapporté un peu plus de 700 000 €.

LETTRES D'ANDRÉ BRETON

L'abondante correspondance reçue par Julien Gracq formait le clou de la vente, notamment les lettres d'André Breton. Elles ont atteint 75 000 € avant d'être préemptées par la Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet, déjà détentrice des lettres que Gracq avait adressées au chef de file du surréalisme. Un exemplaire de l'édition originale du Rivage des Syrtes a atteint 37 000 €. La lettre adressée par Colette, présidente de l'Académie Goncourt, pour lui annoncer qu'il avait reçu le prix Goncourt - refusé par Gracq - a été vendue 21 000 €.

Alain Beuve-Méry

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L'EVENEMENT DU JT DE NANTES 7

NANTES 7, JT, l'évènement

JT DU 13 NOVEMBRE 2008 MIDI
par NANTES7

le reportage commence à 3'30''

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VENTE JULIEN GRACQ : 685 000 €

LE NOMBRIL DE BELLE BEILLE, par Olivier TACHEAU (qui a préempté pour la bibliothèque universitaire d'Angers)

dscn1127Votre serviteur était donc à Nantes ce mercredi 12 novembre pour la vente Gracq. Pas tellement pour faire un billet d’ambiance sur son blog, mais surtout pour préempter quelques lots de correspondances et de photographies chers à son établissement, et que ce dernier ne souhaitait pas voir dispersés.

Drôle de journée en définitive où on eut l’impression d’enterrer Gracq une seconde fois, la ferveur et le recueillement en moins, et finalement dans une ambiance assez surréaliste (de circonstance…) et plutôt foutraque comme toute bonne vente aux enchères qui se respecte !

Près de 850 000 € avec les frais (quand même autour de 23%) ont été dépensés par les spéculateurs acheteurs avec de drôles de surprises, les estimations ayant été très largement sous-évaluées et donc parfois multipliées par 25 lors de la vente, notamment pour les livres rares et la correspondance :
37 000 € : pour un exemplaire du tirage de tête du Rivage des Syrtes (40ex)
10 500 € : pour un exemplaire du tirage de tête duBalcon en forêt (52ex)
75 000 € : pour les 32 lettres d’André Breton (préempté par la bib. J. Doucet)
23 000 € : pour les 55 magnifiques lettres de José Corti
21 000 € : pour la lettre de Colette lui annonçant officiellement son Goncourt
50 000 € : pour deux lettres de Magritte
37 000 € : pour une lettre de Magritte

Les Lives rares se sont arrachés pour près de 200 000 € tandis que la correspondance dépassait les 307 000 €. A peine 50 000 € pour les tableaux et estampes, une misère, alors que les photographies, de Gracq essentiellement, avoisinaient en tout les 52 000 €. Les meubles et bibelots n’ont donné lieu à aucune spéculation “gracquomaniaque” notoire et sont partis au “prix du bois”, soit 33 150 € pour 62 lots alors que les ouvrages courants, de Proust à Villepin dédicacé, ont atteint un volume de 41900 €, plutôt beaucoup pour 84 pièces ou cartons.

Et pour la BU d’Angers finalement ?

Une grosse déception (et une vraie tristesse) tout d’abord pour les 55 lettres deJosé Corti, qui sont parties pour 33 500 € frais compris (soit 2/3 de plus que la somme globale que nous nous étions fixée pour toute la vente…) et celles deJean Paulhan parties à 4 fois leur estimation initiale. Un vrai regret également pour le lot de lettres d’éditeurs et traducteurs trop élevé pour notre budget.
Au final, nous revenons quand même avec 12 lots, notamment de la correspondance d’écrivains, de journalistes et de lecteurs (210 lettres), une belle correspondance de Jules Monnerot, 5 lettres de Gaston Gallimard essayant de débaucher Gracq de chez Corti, 4 photographies récentes d’Arturo Patten, peu connues mais très élégantes, un lot d’ouvrages anciens sur l’auteur, toutes les coupures et dossiers de presse depuis Au château d’Argol et… l’appareil photo de Gracq (ça on s’en fiche) avec les nombreuses diapositives sur le paysage prises par l’auteur, ça c’est la bonne surprise.

PS : Le fauteuil de Gracq dont nous parlait récemment François Bon a été adjugé à 1 400 € et préempté par la ville de Saint Florent le Vieil.

retrouver l'article original sur le blog d'Olivier TACHEAU

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L'HERITAGE DE JULIEN GRACQ ADJUGE POUR 900.000 €

ACTUALITTE, par Cecile Mazin

Vente aux enchères record pour la province.

La vente aux enchères qui se déroulait hier à Nantes aura bel et bien atteint des records et l'héritage de Julien Gracq est désormais épars entre collectionneurs et amateurs éclairés.

Au menu, les lettres échangées avec le pape du surréalisme, adjugées pour 75.000 €, plus de deux fois la valeur estimée de ces 35 courriers et cartes postales, envoyés entre 1939 et 1966. Une pièce fortement réclamée, puisque c'est finalement la bibliothèque Jacques Doucet de Paris, qui aura exercé son droit de préemption pour la souffler à l'acheteur anonyme qui l'avait remportée par téléphone.

L'État avait en effet apposé cette condition sur plusieurs des 70 pièces présentées. Entre autres curiosités, on aura pu se battre pour la lettre que Colette avait signée et signifiant à Julien Gracq sa victoire pour le Goncourt, qu'il aura finalement refusé, pour son livre, paru en 1951, Le rivage des Syrtes. Montant : 21.000 €. Et celles de Magritte, contenant des dessins originaux ? 132.000 €.

Montant total des enchères : 900.000 € de ventes, incluant profits et frais, une somme record annonce-t-on pour une vente en Province. Les manuscrits cédés à la Bibliothèque nationale de France n'ont pas fait d'apparition suprise...

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PRÉEMPTIONS HISTORIQUES ET ENCHÈRES « GRACQUISSIMES » A NANTES

Ivoire Nantes - Couton & Veyrac, Résultats de la vente

La vente de la succession Julien GRACQ réunit près de 900.000 € (frais compris) mercredi 12 novembre à Nantes sous le marteau de Maîtres  COUTON & VEYRAC : une vente en « gants blancs » avec 100% des lots vendus à plus de 400 % des estimations. Des enchères record ont été obtenues pour des livres et manuscrits, alors que l’État a utilisé 65 fois de son droit de préemption : un niveau historique pour une vente en région.

Les lettres, dessins et photos de René MAGRITTE ont attiré plus de 178.000 €, alors que la correspondance d’André BRETON à GRACQ a réunit  93.000 €. Les livres de Julien GRACQ ont, eux, totalisé 154.000 € avec des records pour les éditions originales du « Rivage des Syrtes » (45.000 €), du « Beau ténébreux » (24.000 €) ou du « Balcon en forêt » (12.000 €). Autres vedettes des enchères : les écrivains Ernst JÜNGER (27.000 €) ou COLETTE (28.000 €). Le marché parisien a emporté à 19.000 € le « Chef d’œuvre inconnu » de BALZAC illustré par PICASSO, mais aussi la correspondance de José CORTI, l’éditeur de GRACQ à 28.000 €.

La présence d’écrivains comme Régis DEBRAY, d’éditeurs et de grands collectionneurs ont donné à cette une résonnance particulière. « L’exposition organisée le week-end du 11 novembre a été un succès populaire, avec près de 2.000 visiteurs »  déclare le commissaire-priseur Henri VEYRAC qui poursuit : « Tous les lecteurs de GRACQ ont pu repartir avec un souvenir du Maître, comme par exemple le lampadaire de la rue de Grenelle adjugé 20 € ! »

L’Etat a utilisé 65 fois de son droit de préemption. La bibliothèque Jacques DOUCET à Paris a notamment complété ses collections surréalistes avec la correspondance de BRETON. La Bibliothèque universitaire d’Angers récupère les correspondances d’écrivains et de critiques, alors que la commune natale de GRACQ, Saint Florent-le-Viel, a jeté son dévolu sur une partie du mobilier parisien. La ville de Nantes a, entre autre, fait préempter par l’Etat des photos et le livret scolaire de son ancien « élève d’élite ».

Prochaine vente « La Légende des Paquebots » le mardi 25 novembre avec plus de 1.200 souvenirs du France, du Normandie mais aussi de l’atelier d’art-déco nantais Henri GOULET.

télécharger les résultats complets

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