Aymeric Rouillac

Stagiaire commissaire-priseur & Cie

05 mars 2001

60ème jour, VARANASI, lapin avec le Karma Pa

Le Karma Pa toujours en vadrouille. Come back to Delhi.
 

Pas de chance. Cette fois-ci je suis à l’heure à la gare pour réserver un ticket. J’ai bien fait. Le train pour Delhi s’en va à 14 h 10. Direction Sarnat en attendant, où je tiens absolument à recevoir la bénédiction du Karmpa, et lui offrir l’écharpe de Chloe (l’anglaise s’appelle Chloe). Pas de chance encore une fois. Le moine est en déplacement sur un lieu saint, pour la journée. Des petits moines jouent au cricket dans le jardin, d’autres discutent sur l’herbe avec des touristes. La vie est paisble dans un monastère. Dernier passage auprès du Gange et basta direction la gare, retour Delhi.

Et moi dans tout ca ? Le retour à Delhi est motivé par la possibilité de rejoindre Wanaume en Afrique. Tom et Seb sont maintenant au Kenya, alors que Marie passe des jours paisibles au Yémen, en compagnie de son “Grand Amour”. Elle doit les rejoindre le 10 Mars. Et moi dans tout ça ? J’ai pas mal dialogué par mail avec Marie, qui souhaite mon retour au sein de l’équipe. Seb et Tom aussi me dit-elle. Le problème c’est que j’aimerais bien avoir un mail clair et engageant de Seb avant de les rejoindre. C’était grandement à cause d’une relation pas terrible avec lui que j’étais parti en Janvier. Aucune envie de retourner dans les errements du passé. Plutôt que de me diriger vers Calcutta et le Viet Nam comme prévu, je fais donc demi tour. Vers l’ambassade du Kenya, et vers un aéroport plus adéquat pour attendre qu’il se manifeste depuis l’autre continent. J’espère que ça ne saurait tarder, j’ai maintenant grandement envie de quitter l’Inde, quelque soit la prochaine destination…

Posté par piranhas à 10:38 - INDE... PENDANCE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


04 mars 2001

59ème jour, VARANASI, lever de soleil sur le Gange

Barque à l’aurore. Bonne fête Mamoune, Bonne fête Granny.
 

Nuages trouble-fête. Mathieu et Nicolas, les musiciens d’hier, m’ont convaincu de me lever pour le soleil. Inoubliable disent-ils. Rendez vous à 6 h 00 sur le Gange. Nous nous rejoignons sur le Gaht principal. Il fait encore nuit, et des nuages troublent la fête. Le disque solaire ne laisse percevoir qu’un halo de lumière frustrant. C’est tout juste si le cercle orange se montre une dizaine de minutes, seul au dessus des rives. On observe donc plutôt la vie matinale du fleuve. Les cars de touristes qui viennent de débarquer, pour s’entasser en rang d’oignon à 20 dans un bateau, comme si ça ne leur suffisait pas d’être une semaine ensemble dans le même car. Le Burning Gaht entre lui aussi en activité. Et puis surtout il y a un monde fou qui vient se laver ou se purifier à l’aurore. La baignade m’a tenté un instant, avant que Thib mon petit frère m’y ait provoqué. Mais voir l’amoncellement d’ordures et autres carcasses de vaches mortes charriées par les eaux m’a rapidement repoussé. Une prochaine fois, aux sources du Gange, l’eau sera certainement plus saine.

Fête des grand mères. Comme 6 h 00 ça fait tôt et qu’il ne fait pas beau, je rentre me coucher. Les musicos en font autant. Vers deux heures je veux reserver un billet de train pour le soir, mais le convoi est complet. Tant pis, ou plutôt tant mieux. En rentrant de la gare j’aperçois le karmpa. Il est venu paraît-il rencontrer des sadhu, et poser avec eux. Son convoi passe à vive allure. Inutile de compter sur sa présence cette après-midi au temple. Je profite de ce dimanche peinard pour finir Hannibal, que vous pouvez voir sur les écrans en France. Y’a pas de fin et c’est décevant. Aujourd’hui fête des grand mères. J’essaye d’appeler les miennes pour leur souhaiter mille vœux  de bonheur, elles sont aux abonnés absents. Je me rattrape : Bonne fête Grannie, Bonne fête Mamoune !!!

Posté par piranhas à 10:38 - INDE... PENDANCE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 mars 2001

58ème jour, SARNATH, L’arbre de Buddha

Premier enseignement de Buddha. Ballade en ville.

Tintin au Tibet. Une anglaise rencontrée dans le train m’avait pistonné. Sarnath ça vaut le déplacement si tu n’a jamais eu de contact avec le Bouddhisme. Et elle m’a confié une écharpe en soie blanche que je dois remettre au Karma Pa qui y réside. Le karmpa c’est ce jeune moine de 15 ans dont tous les médias ont parlé lors de son évasion de Chine il y a à peu près un an. C’est à Sarnat dans le parc du cerf que le Bouddha a fait son premier discours, et expliqué qu’il se réincarnerait en cerf dans ce jardin.  C’est un endroit mythique pour les Bouddhistes. On y trouve les reliques du bras gauche de Buddha, des cerfs qu’on nourrit de carottes, et un clone du fameux arbre sous lequel il est resté si longtemps en méditation. J’en profite pour ramasser des feuilles mortes. Mon guide me dit que j’ai un cœur kind. Ca me fait penser à Tintin au Tibet. Bref c’est très instructif et impressionnant à la fois. Je vais ensuite pour recevoir la bénédiction du karmpa, mais il n’est pas là aujourd’hui, il donne des cours à l’extérieur. Il faudra revenir demain.

S’orienter par rapport au soleil. Bain de soleil sur la terrasse de l’hôtel. J’envoie toute une série de cartes postales, commencées il y a un mois et demi maintenant. Ce n’est pas sérieux tout ça. En me baladant derrière les Gahts je réalise pleinement que Varanesi doit être l’une des plus anciennes villes dans l’histoire de l’humanité. Alep ou Damas c’est de la gnognotte à côté ! Je me perds à de nombreuses reprises dans les ruelles peu touristiques. On essaye de s’orienter par rapport au soleil et tu te retrouves au fond d’un cul de sac, avec une vache qui bloque la retraite. Couleurs, odeurs, bruits et regards… Un quartier sans touristes est un poil plus épicé. Y’a pas à dire. Je passe la soirée avec deux musiciens frenchies de lyon. Les anciens pantins, eux aussi dans un grand voyage. Ecouter les Têtes Raides après quatre mois loin de la France, c’est comme retrouver le parfum des glaces sur la plage après neuf mois d’hiver.

Posté par piranhas à 10:37 - INDE... PENDANCE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 mars 2001

57ème jour, VARANASI, Les Gahts

Retour au Burning Gaht. Se perdre à Benares.

 

Les pieds sont tournés vers le fleuve. L’attraction de Benares, c’est bien entendu les Burnings Gahts. Pas de photos, on respecte l’intimité des familles. Le Gaht crématoire est situé en aval de la ville, un peu avant celui du Raja de Benares. On y arrive par la rive, ou bien par la ville. Comme les morts. Ceux ci sont entourés d’un cercle d’hommes, qui portent le sari sur deux morceaux de bambou. Quand il s’agit d’une personne âgée le sari est doré, pour un jeune homme blanc et une jeune fille orange. La première étape est de baigner le corps pour une dernière foi dans le Gange. On l’asperge puis on le trempe franchement, en prenant garde qu’il ne soit pas emporté par les flots. On remonte ensuite le corps vers son bûcher. A la limite de l’eau pour les pauvres, sur une terrasse un peu plus haute pour les castes moyennes, et au pied d’un temple voisin pour les castes supérieures. Les pieds sont tournés vers le fleuve, un “prêtre” encense le tout puis met le feu. La crémation va durer trois heures. On a parfois l’impression d’assister à une partie de barbecue. On retourne le corps, comme une brochette qui prendrait mal. La chair calcinée se consume petit a petit. La famille est restreinte au cercle des très proches. Et au milieu coule une rivière… Le rite est très paisible. Pas de cris, ni de musique ou de pleurs. Pas de femmes. La mort est une des étapes du cycle de la réincarnation chez les hindous. C’est ce qui attire et intrigue nombre d’occidentaux, à la recherche du Sens. Les cendres seront ensuite dispersées dans le Gange.
 

Tous pourris les extrémistes. La vieille ville est elle aussi mystérieuse. Le temple népali est décoré de sculptures érotiques,  plutôt soft. Le golden temple est le centre d’un important business religieux souvenir. Son dôme est entièrement recouvert à la feuille d’or, et brille de mille éclats. Le temple est interdit aux non hindous. A côté, protégée par deux murs de sécurité dignes de la bande de Gaza, et défendue pas des soldats en armes, se situe la mosquée. Elle aussi interdite, aux touristes. Des extrémistes hindous ont promis de venir la raser dès que possible. Ca me fait bien rire de lire le Premier Ministre dans le Times Of India profiter de la destruction des Bouddha afghans pour cracher sur le Pakistan. Tous pourris les extrémistes…  Je traverse le Gange dans la matinée avec un jeune passeur, Babu. C’est le genre de gamin très cool et ultra attachant, qui te fait découvrir plein de choses en toute simplicité.  Au milieu de la partie asséchée il y a une carrière de 20 mètres de profondeur où des semi remorques  s’approvisionnent en sable.  Je retourne dans la soirée pour lui donner une photo que j’ai prise de lui. Il est ravi toute la famille veut maintenant une photo. C’est bête j’ai pas mon appareil.

Posté par piranhas à 10:36 - INDE... PENDANCE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 mars 2001

56ème jour, VARANESI, descendre le Gange

Long cheminement pour arriver jusqu’à la ville sainte. Tour de bateau et massage.
 

Vitesse moyenne 4 km/h. La gare d’arrivée est à 12 km de la ville, de l’autre côté du Gange. Il faut trois heures pour arriver. Vitesse moyenne 4 km/h. C’est lent. Premier ralentissement une vache qui se ballade sur la route et bloque les nombreux camions qui passent. Deuxième bouchon pour le passage de la rivière. Je viens de voir les images de la catastrophe au Portugal, sur le Douro. C’est le même pont mais il n’a pas de crues. Ouf. La vieille ville se masse avec le Gange à ses pieds. Les escaliers qui descendent vers le fleuve sont appelés les Ghâts. Il y en a des dizaines. Varanesi c’est l’ancienne Benares, la ville sainte où mourir est un gage de bonheur, dans la religion hindou. Beaucoup de voyageurs sont passés à Varanesi, la ville est magique, envoûtante et dangereuse, comme une fille dont on tombe très facilement amoureux.

Je ne crois pas qu’il soit possible de retranscrire Benares. C’est le meilleur portrait de l’Inde qu’il m’ait été donné de contempler. J’y retrouve tout ce que j’aime et déteste dans ce pays. Benares se situe clairement hors du temps. Elle prend l’homme par la main pour le guider le long des rives à la recherche de quelque chose qui n’existe pas. Tous les moyens sont bons. Charme, séduction, violence, menace et contrainte. Aimer Varanesi est trop faible. La connaître est prétentieux. M’y perdre est la clé de voûte de mon trip indien. S’abandonner le long du fleuve, aimer les lépreuses et les enfants buboniques. Se faire masser et regarder la quequette d’un Sâdhu. Prendre le soleil, lire un livre, discuter avec des touristes. S’entendre proposer du “ good hash “ à longueur de journée. Ecraser un chiot par hasard, attendre qu’une vache ait fini d’ingurgiter son tas d’ordures. Prendre le chai, écouter les tabla et les cloches à la tombée du jour. Et l’odeur des Burning Ghâts…Varanesi est une initiation sans fin, un cycle imperturbable, la rencontre de l’Homme et la découverte de ses limites. Ne cherchez pas à découvrir Varanasi dans ces lignes, pensez juste à réserver un billet d’avion pour vos prochaines vacances. Ce sera plus honnête.

La rive est très colorée, très bruyante, très vivante. Une chambre trouvée, et c’est la fin de l’après midi. Pour 50 ruppies un vieux bougre rame pour moi une heure durant sur la rivière, commentant de son sourire édenté le nom de chaque Ghat. Le Gange précède la ville d’un coude et la finit par un autre. Il coule ainsi du sud au nord, comme le Nil. Le soleil se lève dans la forêt, de l’autre côté, et se couche derrière la ville. En ce moment c’est la saison sèche, le Gange est réduit à une centaine de mètres, quelques km de sable sec laissant envisager sa largeur, la mousson venue. Le long du Gange se massent des Sadhu, hommes saints, barbus et nus. Ils vivent dans la plus grande simplicité le long de la rivière, pour se rapprocher de Dieu. On les appelle aussi Baba, ou “Hindou Gods”.  Les Gahts sont de grands escaliers, souvent dominés par le palais du Maharaja qui les a fait construire, et de temples aussi. La rive est très colorée, très bruyante, très vivante… Jusqu’à ce qu’on arrive au Burning Gaht. Très impressionnant. En aval des Ghâts principaux, on y brûle chaque jour cent, deux cents, jusqu’à quatre cents corps. Au début on voit juste les fumeroles des brasiers, puis on distingue les grands tas de bois qui attendent, sur des barques ou à terre. On entend la cognée des bûcherons, on voit la foule silencieuse. Exclusivement masculine. Les touristes sont réfugiés sur les balcons d’une maison voisine. La cendre est ensuite jetée par pelletées dans le Gange, par dessus les corps que l’on baigne avant de brûler. Le tour de Gange continue, et s’achève dans une douce couleur orangée. C’est le moment de répondre aux sirènes des masseurs, et attendre la nuit.

Posté par piranhas à 10:36 - INDE... PENDANCE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 février 2001

55ème jour, DELHI, R.A.S.

Petite journée a Delhi. Je récupère mon visa en deux temps, matin puis après midi. Des sportifs saouls rencontres dans un bar me pressent de les rejoindre dans leurs excès. Il est trois heures de l’après midi et j’ai encore un rencard chez les viets. Ce sera pour une prochaine fois. On aurait dit une équipe de rugby le soir d’un match. Tant pis. Lapin posé par Wanaume sur le chat. Nous devions parler de mon éventuel retour avec eux mais ils ne sont pas là. Ils sont en fait en train d’embarquer les Kees sur un cargo pour le Kenya. Je leur envoie un mail où j’explique mon point de vue sur l’organisation de l’équipe. Une réponse claire est la condition sine qua non pour les rejoindre. Gros coup de chance à la gare. Le fonctionnaire me dégotte une place dans un train à 22 h pour Varanasi, Benares. Le train semblait complet mais ma peau lisse l’a fait sourire. Good Luck.

Posté par piranhas à 10:35 - INDE... PENDANCE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 février 2001

54ème jour, AGRA, le Taj Mahal, enfin

Bouffer de la vache, wahou ! le Taj Mahal, magique. Danser pour Krishna, envoûtant.
 
 

On me sert du bœuf, un rêve. Grosse journée, départ en car 6 h 30, retour 23 h 30. Beaucoup de bus pour le Taj. En arrivant à Agra nous commençons par visiter le fort, qui est une pure merveille de palais mongol. Agra était  la capitale de l'empire mongol pendant un bon bout de temps. La tour d'où gouvernait l'empereur dans le palais de marbre blanc est tout simplement splendide. Elle domine la rivière Yamunâ et m'inspire le sacré, la puissance et l’intelligence. Balaise. Le fort est antérieur à celui de Delhi et le dépasse en beauté, charme et qualité. Des remparts on voit au loin le Taj Mahal.

Le guide nous arrête dans son restaurant. Je prends la fuite avec une japonaise, Akiko, toute étonnée et surprise de quitter un groupe. Nous déjeunons dans un resto musulman, et pour la première fois depuis de longs mois je peux manger de la vache. Je demande des chowmein au mouton et on me sert du bœuf, un rêve. Vache folle ou pas, la vache est la mère de l’Hindou. “ Moi ta mère, je la bouffe… ” Ok. Mes péripéties gastronomiques vous intéressent moins que le Taj. La suite.

Raide dingue. Le Taj est un mausolée, construit pour la femme chérie de l’empereur Shah Jahan, au XVIIème siècle. Le monument a toujours exercé la double fonction tombe et apparat. 22 ans pour le construire, des dizaines de milliers d’ouvriers, des architectes venus du monde entier, et une débauche de marbre blanc, de pierres semi-précieuses et autres matériaux fastueux… Comme les pyramides, le Taj est l’un des ces rares monuments qui se dégagent du temps comme de l’espace, le ciel est son seul arrière plan. Ni forêt ni campagne. Pour la description touristique reportez vous aux guides que vous trouverez dans le commerce. Je me disais avant de visiter ce phare de l'Inde que c'etait un truc battu et rebattu, presque monotone. Détrompez vous. En pénétrant dans les jardins, le Taj apparaît flamboyant, dans l'ombre du porche. Un feu ardent qui ne s'éteint pas de si longtemps. Ses formes sont majestueuses. Symétrique il se reflète dans les jets d'eaux qui l'entourent. Beau de loin... et de près aussi. La finition est impeccable. Les fleurs de pierre incrustées dans le marbre, les versets coraniques d'une seule pièce, l'alignement parfait du dôme, des tombes, du jardin... raide dingue.
 

Ambiance discothèque. Pause obligée sur le lieu de naissance de Krishna. Lui, c’est le dieu que je préfère parce qu’il se trimballe toujours avec un tas de nanas splendides. Le temple est vaste et moderne. AP de charme mais de l’espace. Un peu comme Lourdes en plus petit.  Les tambours battent le rythme en entrant. Très vite, festifs et entraînants. Je tape dans les mains, on me demande de m’asseoir, puis de danser. Refus de principe. L’ambiance discothèque dans un temple c’est surprenant… L’invitation est pressante, je me lève sous les applaudissements puis danse, seul au milieu de la piste ! Les pèlerins se massent pour m’observer, pris au dépourvu. Danse sans queue ni tête, juste fêter Krishna. Je me rassieds, intimidé par le monde. On me passe un collier de fleurs autour du cou. C’est reparti pour un tour. J’aperçoit alors une indienne de mon groupe. Je lui passe la guirlande dans un tonnerre d’applaudissements et de sifflets, nous flirtons pour Krishna dans la joie. Incroyable. C’est ouf ce que ça peut être conservateur et naïf à la fois un indien…

Posté par piranhas à 10:34 - INDE... PENDANCE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 février 2001

53ème jour, DELHI, Ambassade du Vietnam

Ambassade du VietNam, dépôt d’une demande de visa.
Chat (www.wanaume.com/wanaumecafe/chat.htm), surprises surprises.
 

Déjeuner au Mac Do. Opération obtenir mon visa le plus vite possible. L'ambassade du VietNam n'étant pas l'une des plus cotées, il faut marcher un bon moment avant de tomber dessus par hasard. L'ambassade de France contactée trois fois au téléphone n'ayant jamais été capable de situer son homologue. Apres quelques péripéties ( et oui il y a toujours quelque chose qui cloche avec l'administration ), la demande est effectuée. Rencard mercredi matin pour récupérer le tout. Déjeuner au Mac Do. Ca faisait un bail. Pour 89 ruppies (13 francs) la formule Mac Maharaja ( Big Mac local ) est servie. Sans bœuf. Dommage. 89 ruppies c'est les 2/3 d'un salaire journalier moyen. Autrement dit, tout le monde ne s'y étouffe pas. Les formule de glaces à emporter remportent elles un franc succès.

Surprise du chat. L'évènement marquant de la journée, c'est la surprise du chat. Je me connecte pour récupérer le numéro d'un contact à Delhi, et je tombe sur l'équipe de Wanaume dans un profond désarroi. Rien ne s'est arrangé depuis mon départ. La situation s'est même empirée. Marie va quitter l'expédition et Tom parle de la suivre. La fin d'un rêve. Alors moi avec ma gueule de grand con j'essaye de formaliser ce qui va pas. En fait j'imagine très bien, mais bon... Et puis comme ça me fait mal au cœur de voir le “ tour du monde des couleurs ” se terminer aussi mal, je me dis qu'il y a peut être quelque chose à retenter tous ensemble… et propose de les rejoindre. C'etait bien la peine de partir. Suite dans le prochain numéro. Mon offre est prise avec sérieux, on se chat mercredi pour voir ce qu'on pourrait faire ensemble. Le VietNam n’est finalement peut être pas la prochaine destination…

Posté par piranhas à 10:34 - INDE... PENDANCE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 février 2001

52ème jour, DELHI, New Delhi

Connaught Place, boutiques et soldes. Les “ Champs Elysées ” indiens, impressionnants.

Je suis grande, claire, des lignes droites et de l'espace. Je suis verte, propre et bien entretenue... Qui suis-je ? Assurément pas l'Inde. Et pourtant... New Delhi semble être “ out of India “. Une capitale moderne, dont l'avenue centrale est tout droit tirée du plan de Washington.

Première étape : la Connaught Place. Il s'agit d'un gigantesque rond point, qui marque les limites septentrionales de N. D. La place est circulaire, un immense jardin au centre, deux voies autour, puis des building à colonnades : neo-colonial. Enfin deux autres voies, comme un pain au raisin. On y trouve toutes les franchises européennes et américaines. Attention on solde. C'est dimanche et il y a foule dans les boutiques de fringues.

Je continue ma ballade vers la grande avenue de N. D. Stop en face du Méridien. Pas pour prendre le café, trop cher, mais pour discuter avec des étudiants gauchistes. Le pâté de maisons est en effet truffé de sièges d'associations révolutionnaires, marxistes ou communistes ! Conclusion de la discussion : les préoccupations des indiens et des français sont antipodiques (si l'adjectif existe) mais nous nous retrouvons dans la même lutte contre les USA, et la mondialisation. A Seattle il n'y avait que les contestataires des pays riches qui  manifestaient. Les pays en voie de développement n'ont pas les besoins sophistiqués de nos sociétés éduquées.

C’est Washington ! Visite du musée. C'est le premier musée digne de ce nom que je visite en deux mois. En spirale, il pratique même une politique de prix vis à vis des étudiants. Le pied. On y admire surtout une collection de bijoux fantastique, depuis l'antiquité jusqu'à nos jours. Et le faste mogol.  Le musée est situé sur la plus grande avenue de Delhi. C’est Washington, avec ses malls et ses musées tout autour. Au un bout de l'avenue est la résidence du chef de l'Etat. Anciennement celle du vice roi. Un palais moderne colossal. Tout autour se concentrent le parlement, qui ressemble à l’arène du colisée, et des ministères importants. A l'autre bout, tout au loin, on voit la porte de l'Inde. Monument qui commémore les morts d’une guerre mondiale. Parfaitement aligné. Le soleil couchant dore la grandeur de ces bâtisses. Respect.

Meeting chat dans la soirée. Il est 14 heures en France et toute ma famille maternelle se porte bien, Salut les cousins.

Posté par piranhas à 10:33 - INDE... PENDANCE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 février 2001

50ème jour, Agra, Lever de soleil sur le Taj Mahal

Aujourd'hui, ça fait pile quatre mois depuis le départ sous la tour Eiffel, et pile 50 jours que je suis en Inde. quatre mois ca parait court au regard d'une vie. Dans la mienne ces derniers quatre mois ont certainement été les plus denses de mon existence. Céline (encore lui) écrit que "la jeunesse ce n'est jamais que de l'entrain à vieillir". J'ai été très, très jeune ces quatre derniers mois. J'ai beaucoup appris et beaucoup vieilli aussi, même si les poils du menton sont toujours aussi rares.

Pour cet anniversaire un peu spécial je suis en route depuis 48 heures, sans me poser, objectif  Taj Mahal. Le vendredi l'entrée est gratuite, conseil de routards à Mysore, confirmé par le Lonely.  Arrivé quatre heures trente. Le bus c'est pas le top question sommeil. Un taxi me conduit dans une guest house et m'apprend la grande nouvelle : Le Taj est fermé le vendredi. On m'a déjà raconté pas mal de trucs pour me piquer mon fric mais ça c'est quand même un peu gros ! L'info est confirmée par un touriste noctambule, je ne préfère pas y croire. A 6 h 30 je me présente devant les portes qui devraient déjà être ouvertes... Le Taj Mahal est en effet fermé. Il y a cinq semaines le gouvernement a supprimé le jour gratuit pour en faire le jour de fermeture. Bon, ce n'est pas tout, le gouvernement a aussi modifié les tarifs. Avant le touriste payait 15 francs, maintenant c'est 20  ruppies pour l'indien et 20 dollars pour le touriste. Idem pour le fort. Le pire, pas de tarif pour les étudiants, refrain indien.

Visiter Agra, le symbole culte du voyage en Inde, c'est au minimum 40 dollars de visite : une bonne semaine de vie sur le sous continent, transports inclus. Autant vous dire que je suis assez frustré. Aucune envie d'attendre demain pour visiter le mausolée. J'assiste au lever du soleil depuis la terrasse d'un hôtel voisin. Pas magique du tout, impressionnant quand même. Le Taj apparaît surtout sortir grâce aux rayons du soleil de son voile de pollution. La masse noire se détache dans la nuit, les bulbes luisent petit à petit. Pas de couleurs mirobolantes, juste le Taj qui apparaît. Impressionnant. Ballade en ville, puis train pour Delhi. Guest house à côté de la Train Station de New Delhi. Internet et dodo, à +.

Posté par piranhas à 10:32 - INDE... PENDANCE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »