Chers amis, lecteurs anonymes, de passage ou fidèles,

Entamé dans l'enthousiasme un soir d'hiver 2006/2007, ce blog avait pour ambition de réunir des carnets de voyages rédigés plusieurs années auparavant, des films réalisés au cours de différentes expériences professionnelles, amicales ou familiales, des anecdotes et tranches de vies à la façon d'un CV ou d'une rubrique Features.

Et puis les retours aidant, j'ai réalisé que ce que se trouve sur la toile n'a plus de frontières, que certains évènements partagés pour la famille l'étaient aussi avec de parfaits inconnus. Ainsi ont disparu les photos et films de vacances, de baptême ou de naissance. Ainsi a disparu le côté gossip si avidement recherché et exhibé par ailleurs via les réseaux sociaux. Ainsi a trouvé sa petite mort ce blog. Force est de rendre hommage au talent de ceux qui savent à la fois tout montrer sur le net sans rien dévoiler, à la manière magistrale de l'intimiste et pudique Poule couteau : http://poulecouteau.canalblog.com/.

Enfin, ce qui n'était qu'un des objectifs de départ parmi d'autre, l'aspect professionnel a pris le pas sur reste, l'étouffant.  Je ne suis plus aujourd'hui salarié d'une multinationnale, je ne suis plus réalisateur de films pour la télévision, détective pour un cabinet d'avocat, lycéen polémiste, stagiaire commissaire-priseur, voyageur impénitent ou père et mari comblé. Je suis toujours un peu de tout cela mais ai finalement orienté ma vie professionnelle vers le marché de l'art. De Béthune à Nantes vous m'avez suivi.

Il est donc temps de mettre un terme à cette aventure numérique en vous invitant à la poursuivre sur www.rouillac.com. Commissaire-priseur diplômé depuis le mois de décembre, je travaille en effet dans la Vallée de la Loire comme commissaire-priseur, à la suite et aux côtés de mon père.

Clin d'œil amer et lucide de cette histoire : les Piranhas. Nous étions quatre amis de fac, G., T., H., et moi. Marqué par La Chute du grand Camus, je craignais avec raison qu'à leurs tours nos passions de jeunes adultes se fassent dévorer par les piranhas que sont la famille, le mariage, le travail, les enfants, la société... Tombé en extase avec l'ami M. devant la série des Quatre continents de Van Kessel à la Alte Pinakotek, j'avais voulu garder comme maxime de vie la dédicace de ce programme "Pélégrins sont qui dans ces villes / pour leur bourdon portent coquille". Exorcisme et incantation n'ont pas suffi et me voici de retour en Vendômois, à la manière d'un du Belay ou de tant d'autres. Des Piranhas...

J'aurai toujours beaucoup de plaisir à lire vos messages et à échanger. Mais ce sera par d'autres canaux que celui de ce blog où je vous écris maintenant le mot fin.