Interencheres.com donne la parole aux commissaires-priseurs de demain !

Aujourd'hui, Aymeric Rouillac, stagiaire chez la maison de ventes Couton,Veyrac et Jamault à Nantes présente leur vente du 31 mars prochain.

Stagiaires dans des maisons de ventes, les élèves commissaires-priseurs seront amenés dans un futur proche à tenir eux-mêmes le marteau d'ivoire. Interencheres.com leur ouvre ses pages pour qu'ils nous parlent des ventes aux enchères à l'organisation desquelles ils participent.

 


Le critique d’art Marc ELDER, prix Goncourt 1913 et conservateur du château des ducs de Bretagne, est l’invité de prestige de la belle vente organisée par Maîtres COUTON, VEYRAC et JAMAULT à Nantes le 31 mars 2009.


En arrivant à Paris après des études nantaises, Marcel Tendron (1884-1933) prend le nom de plume de Marc ELDER et obtient le Prix Goncourt en 1913 pour « Le peuple de la mer » face au « Grand Meaulnes » de Fournier et « Du côté de chez Swann » de Proust. Il publie de très nombreux romans, tous marqués par la mer, Nantes ou la Bretagne mais aussi des essais sur ses contemporains : Mirbeau, Romain Rolland, Monet, Renoir... dont il est proche. RENEFER, ANTRAL, DIGNIMONT, BELOT ou CRESTON illustrent alors ses ouvrages. A partir de 1919 il revient à Nantes où il est nommé conservateur du Château des Ducs, face auquel la ville de Nantes a nommé une place en sa mémoire.



n° 64 - Henri Baptiste LEBASQUE (1865-1937) :
« Tente sur la plage », Aquarelle.
Estimation : 2500/3500€

Sa collection personnelle de tableaux illustre ses amitiés artistiques et littéraires et ses choix de critique d’art-conservateur. On y retrouve tant une scène bretonne du Suisse BORGEAUD, qui n’a commencé à peindre qu’à l’âge de 40 ans, en dehors de tout courant et dont la dernière exposition eu lieu à Nantes en 1924 (lot 42) que des aquarelles de plage par LE BASQUE (lots 63 et 64), de nombreux bois de son ami graveur BELOT (lots 4 à 9) ou un début de lettre illustré par DIGNIMONT d’une scène de maison close (lot 13) !



n° 42 - Marius BORGEAUD (1861-1924) : « La lecture »
Huile sur toile signée.
Estimation : 4000/6000€

Fondateur de la Société des Amis du Musée des Beaux-arts de Nantes, Marc Elder souhaitait créer une salle de peinture moderne au Musée et y faire entrer des Monet. 17 lots de correspondance (lots 80 à 96) avec Claude MONET illustrent ce projet. Certaines lettres apportent un témoignage poignant sur la perte de vue du maître qui lui écrit ainsi le 9 mai 1922 : « Je sentais que ma vue, chaque jour, diminuait, et je voulais profiter du peu de ma vue pour mener à bien certaines de mes décorations, et j'ai eu grand tort, car finalement il m'a bien fallu constater que je les abîmais et que je n'étais plus capable de rien faire de beau, et j'ai détruit plusieurs de mes grands panneaux. Aujourd'hui je suis presqu'aveugle et dois renoncer à tout travail » (lot 82).



n° 83 - Claude MONET. L.A.S.,
Giverny 24 septembre 1922, [à Marc ELDER]
Estimation : 2000/2500€


L’autre figure artistique de la vente est celle de Gaston CHAISSAC (1889-1973), autodidacte de l’art brut porté au pinacle par Jean Dubuffet. 16 lots de correspondances (lots 97 à 99d) avec Marcel CHABOT, poète vendéen, font entrer la vacation dans un monde codé et mystérieux, où les lettres se succèdent aux collages et aux dessins. Il explique ainsi qu’il « œuvre maintenant dans un esprit capable d’intéresser au moins le voisinage », par « l’art des cache-pots maison » (lot 99b).



Gaston CHAISSAC. L.A.S. avec dessin et collage
Ste Florence 16 avril 1957, à Marcel CHABOT
Estimation : 2000/2500€
   

Les enchères se poursuivent avec les tableaux, comme ce curieux portrait de BOUCHARDY croqué au début du XIXème siècle dans les jardins du Palais Royal à Paris (lot 119), un important convoi de prisonniers vendéens par LE BLANT (lot 153), des projets de menus publicitaires de L’INDUSTRIEL NANTAIS LU (lot 155), un moulin de la presqu’île guérandaise par MAUFFRA (lot 160), ou un ALBUM DE PHOTOGRAPHIES de la station balnéaire de La Baule au tournant du XXème siècle (lot 178).



n° 153 - Julien LE BLANT (1851-1936) :
« Le convoi de prisonniers, scène des guerres de Vendée »
Huile sur panneau d'acajou signée.
Estimation : 7000/10000€

La fin de la vacation est consacrée aux objets d’art et mobilier. Les charmants petits OBJETS DE VITRINE du règne de Napoléon III - carnets de bals, fume cigarette et autres porte-monnaie, sont une invitation à sortir dans le monde (lots 210 à 233). Une sélection de VERRERIE ART NOUVEAUX (lot 276 à 284) et de BRONZES ART DECO devrait quant à elle ravir les amateurs. Plus curieux : une PAIRE DE DEFENSES D’ELEPHANT mesurant plus de 1,80 mètre (lot 303) est un souvenir d’une époque où Nantes étaient résolument une ville portuaire, tout comme cette ENFILADE EN ACAJOU du XVIIIème siècle (lot 311).



n° 311 - Buffet enfilade en acajou
Travail Nantais d'époque Louis XV.
Estimation : 6000/8000€


Last but not least, une RONDACHE DE PAREMENT (lot 360), directement inspirée des fabuleuses productions italienne de la seconde moitié du XVIème siècle a été fondu en bronze, probablement dans la seconde moitié du XIXe siècle. Les reprises de couples mythologiques laissent deviner une commande privée à un atelier réputé pour une femme figurant dans un médaillon au sommet du bouclier : comme pour mieux se protéger des flèches de l’Amour ?


 

n° 360 - Rondache de parement en bronze
décoré de scènes mythologiques sur le thème de l'Amour
Epoque Napoléon III.
Estimation : 1500/2000€
    

La vente reprend le 1er avril avec l’orfèvrerie puis les bijoux et les diamants. Une ménagère de plus de 10,5 kg d'argent (lot 427) est concurrencée par une paire de candélabres de Style Régence du même métal (lot 448) ou une verseuse fabriqué à Brest en 1760 (lot 458). Une suite de douze couverts à dessert en vermeil par ANDRIEU porte des armes enturbannées très folkloriques (lot 459). Ce qui n’est pas le cas des couverts en argent de la famille DE LANTIVY dont la couronne de marquis domine la sage devise "qui désire n'a repos" (lot 479).





Les diamants sont éternels  somme nous tenté de fredonner devant une pierre de 2,52 carats d’une couleur exceptionnelle de E (lot 588), ou d’un autre diamant d’une taille de 5 carats (lot 586). A tout seigneur tout honneur,  c'est avec le bijoutier WIESE, fleuron des collections du musée des Arts Décoratifs à Paris, que nous finissons cet aperçu avec un collier en or rose composé de maillons cordés et lisses, retenant trois pièces de style antique à décor de profils (lot 587).



n° 587 - WIESE : Collier en or rose
composé de maillons cordés et lisses,
retenant 3 pièces de style antique à décor de profils.
Estimation : 5500/6000€


Pour retrouver tous lots illustrés de ces deux ventes aux enchères, cliquer sur les liens suivants :

- Vente du 31 mars :  Tableaux, Estampes, Autographes, Objets d'art, Mobilier, etc.

- Vente du 1er avril : Argenterie XVIIIème et XIXème siècle, très beaux bijoux