Aymeric Rouillac

Stagiaire commissaire-priseur & Cie

21 novembre 2008

GRACQUISSIME

LA GAZETTE DE L'HÔTEL DROUOT, par Chantal HUMBERT

5 205 € frais compris.
Portrait au masque, tirage argentique anonyme d’époque,
24 x 18 cm.
Gracq, dernier des écrivains classiques
Moins d’un an après sa disparition, l’écrivain Julien Gracq (1910-2007) se retrouvait sous les feux de l’actualité. Après la remise officielle de tous ses manuscrits à la Bibliothèque nationale de France, la vente de succession des collections provenant de l’appartement parisien de la rue de Grenelle et de la maison familiale de Saint-Laurent-le-Vieil était couronnée d’enchères exceptionnelles. L’ensemble recueillait près de 900 000 €, 100 % des lots étant vendus à plus de 400 % des estimations ! L’État utilisait soixante-cinq fois son droit de préemption, à l’exemple des 93 000 € enregistrés sur l’importante correspondance entre l’auteur du Rivage des Syrtes et André Breton, en faveur de la bibliothèque Jacques Doucet. La première lettre, datée du 13 mai 1939, commence par un aveu du peintre surréaliste : "Je vous dois deux immenses plaisirs : j’ai lu d’un seul trait sans pouvoir une seconde m’en détacher Au château d’Argol et votre livre m’a laissé sous l’impression d’une communication d’un ordre absolument essentiel. Il a pour moi tous les caractères d’un événement indéfiniment attendu et depuis mon premier contact avec lui, je n’ai cessé de lui découvrir des prolongements dans la sphère de mon émotion." Quant aux dernières lignes, datées du 6 mai 1966, elles sont écrites sur une carte postale envoyée de Quimper, quatre mois avant la mort d’André Breton : "Jusqu’à ce quai qui garde trace de votre pas si bellement mesuré tout au long de l’Odet sous les marronniers roses en fleurs... Vous êtes de ceux qui SAVENT". La ville de Nantes faisait quant à elle préempter le livret scolaire de son ancien "élève d’élite", cédé pour 4 000 €. L’une des principales surprises fut également l’ensemble de lettres, de dessins et de photos adressé à Julien Gracq par René Magritte, le fondateur du surréalisme belge. Annoncées autour de 2 500 €, deux lettres pulvérisaient les estimations et nécessitaient 61 960 € frais compris. Avec une grande sensibilité, l’une commente Le Beau Ténébreux ; dans la seconde missive, René Magritte confie à l’un des "rares écrivains vivants [qu’il] sache lire" ses difficultés à titrer ses tableaux. Des écrivains contemporains, tel Régis Debray, des éditeurs ainsi que des grands collectionneurs ont débattu avec ferveur les ouvrages de Julien Gracq, enregistrant 154 000 €. Plusieurs éditions originales ont d’ailleurs inscrit des records comme les 45 000 € du Rivage des Syrtes, publié en 1951 par Corti à Paris. Au total, la succession Julien Gracq remportait aussi un réel succès populaire. Plus de 2 000 visiteurs ont fait le déplacement et, comme le remarque Me Henri Veyrac, certains d’entre eux, au budget modeste, ont "pu repartir avec un souvenir du maître, tel ce lampadaire de la rue de Grenelle adjugé 20 €"...
Nantes, mercredi 12 novembre. Couton & Veyrac SVV, en présence de Me Thébault. MM. Lhermitte et Bodin.

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13 novembre 2008

L'ETAT S'OFFRE UNE PARTIE DES BIENS DE JULIEN GRACQ

LE MONDE, Culture, par Alain BEUVE MERY

NANTES ENVOYÉ SPÉCIAL

   

Julien Gracq était un passionné d'échecs, mais jouait sur un échiquier en plastique. Mercredi 12 novembre, cet échiquier a été acquis par un particulier à la salle des ventes de Nantes, où étaient dispersés les livres, correspondances, tableaux et mobiliers, ayant appartenu à l'écrivain, mort le 22 décembre 2007. Des biens retrouvés dans son appartement parisien et dans la maison de ses parents, devenue la sienne, à Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire).

L'Etat a préempté 70 lots, notamment le livret scolaire brillant de l'élève Lucien Poirier (le nom d'état civil de l'écrivain) au lycée Clemenceau de Nantes. Il ira enrichir le fonds de la ville

Avec le peintre René Magritte, Juien Gracq échangeait "des coups" aux échecs. "J'espère qu'un jour nous aurons peut-être l'occasion de jouer ensemble, sans l'interminable recours à la correspondance", lui écrivait l'artiste belge. Les lettres avec dessins, réparties en quatre lots, adressées à l'écrivain, ont atteint la somme record de 133 000 €.

Homme méthodique, Julien Gracq avait réglé sa succession par testament. Il a légué l'ensemble de ses manuscrits et carnets, qui ont été remis le 16 octobre à la Bibliothèque nationale de France (BNF). Il a aussi fait don de ses biens immobiliers, mais il fallait vider les lieux. Ce sont des cousins qui se sont retrouvés légataires des biens pour lesquels il n'avait pas désigné d'acquéreur. Qualifiée d'"unique et exceptionnelle" par Me Veyrac, l'un des deux commissaires-priseurs qui l'organisait, la vente a rapporté un peu plus de 700 000 €.

LETTRES D'ANDRÉ BRETON

L'abondante correspondance reçue par Julien Gracq formait le clou de la vente, notamment les lettres d'André Breton. Elles ont atteint 75 000 € avant d'être préemptées par la Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet, déjà détentrice des lettres que Gracq avait adressées au chef de file du surréalisme. Un exemplaire de l'édition originale du Rivage des Syrtes a atteint 37 000 €. La lettre adressée par Colette, présidente de l'Académie Goncourt, pour lui annoncer qu'il avait reçu le prix Goncourt - refusé par Gracq - a été vendue 21 000 €.

Alain Beuve-Méry

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L'EVENEMENT DU JT DE NANTES 7

NANTES 7, JT, l'évènement

JT DU 13 NOVEMBRE 2008 MIDI
par NANTES7

le reportage commence à 3'30''

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VENTE JULIEN GRACQ : 685 000 €

LE NOMBRIL DE BELLE BEILLE, par Olivier TACHEAU (qui a préempté pour la bibliothèque universitaire d'Angers)

dscn1127Votre serviteur était donc à Nantes ce mercredi 12 novembre pour la vente Gracq. Pas tellement pour faire un billet d’ambiance sur son blog, mais surtout pour préempter quelques lots de correspondances et de photographies chers à son établissement, et que ce dernier ne souhaitait pas voir dispersés.

Drôle de journée en définitive où on eut l’impression d’enterrer Gracq une seconde fois, la ferveur et le recueillement en moins, et finalement dans une ambiance assez surréaliste (de circonstance…) et plutôt foutraque comme toute bonne vente aux enchères qui se respecte !

Près de 850 000 € avec les frais (quand même autour de 23%) ont été dépensés par les spéculateurs acheteurs avec de drôles de surprises, les estimations ayant été très largement sous-évaluées et donc parfois multipliées par 25 lors de la vente, notamment pour les livres rares et la correspondance :
37 000 € : pour un exemplaire du tirage de tête du Rivage des Syrtes (40ex)
10 500 € : pour un exemplaire du tirage de tête duBalcon en forêt (52ex)
75 000 € : pour les 32 lettres d’André Breton (préempté par la bib. J. Doucet)
23 000 € : pour les 55 magnifiques lettres de José Corti
21 000 € : pour la lettre de Colette lui annonçant officiellement son Goncourt
50 000 € : pour deux lettres de Magritte
37 000 € : pour une lettre de Magritte

Les Lives rares se sont arrachés pour près de 200 000 € tandis que la correspondance dépassait les 307 000 €. A peine 50 000 € pour les tableaux et estampes, une misère, alors que les photographies, de Gracq essentiellement, avoisinaient en tout les 52 000 €. Les meubles et bibelots n’ont donné lieu à aucune spéculation “gracquomaniaque” notoire et sont partis au “prix du bois”, soit 33 150 € pour 62 lots alors que les ouvrages courants, de Proust à Villepin dédicacé, ont atteint un volume de 41900 €, plutôt beaucoup pour 84 pièces ou cartons.

Et pour la BU d’Angers finalement ?

Une grosse déception (et une vraie tristesse) tout d’abord pour les 55 lettres deJosé Corti, qui sont parties pour 33 500 € frais compris (soit 2/3 de plus que la somme globale que nous nous étions fixée pour toute la vente…) et celles deJean Paulhan parties à 4 fois leur estimation initiale. Un vrai regret également pour le lot de lettres d’éditeurs et traducteurs trop élevé pour notre budget.
Au final, nous revenons quand même avec 12 lots, notamment de la correspondance d’écrivains, de journalistes et de lecteurs (210 lettres), une belle correspondance de Jules Monnerot, 5 lettres de Gaston Gallimard essayant de débaucher Gracq de chez Corti, 4 photographies récentes d’Arturo Patten, peu connues mais très élégantes, un lot d’ouvrages anciens sur l’auteur, toutes les coupures et dossiers de presse depuis Au château d’Argol et… l’appareil photo de Gracq (ça on s’en fiche) avec les nombreuses diapositives sur le paysage prises par l’auteur, ça c’est la bonne surprise.

PS : Le fauteuil de Gracq dont nous parlait récemment François Bon a été adjugé à 1 400 € et préempté par la ville de Saint Florent le Vieil.

retrouver l'article original sur le blog d'Olivier TACHEAU

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L'HERITAGE DE JULIEN GRACQ ADJUGE POUR 900.000 €

ACTUALITTE, par Cecile Mazin

Vente aux enchères record pour la province.

La vente aux enchères qui se déroulait hier à Nantes aura bel et bien atteint des records et l'héritage de Julien Gracq est désormais épars entre collectionneurs et amateurs éclairés.

Au menu, les lettres échangées avec le pape du surréalisme, adjugées pour 75.000 €, plus de deux fois la valeur estimée de ces 35 courriers et cartes postales, envoyés entre 1939 et 1966. Une pièce fortement réclamée, puisque c'est finalement la bibliothèque Jacques Doucet de Paris, qui aura exercé son droit de préemption pour la souffler à l'acheteur anonyme qui l'avait remportée par téléphone.

L'État avait en effet apposé cette condition sur plusieurs des 70 pièces présentées. Entre autres curiosités, on aura pu se battre pour la lettre que Colette avait signée et signifiant à Julien Gracq sa victoire pour le Goncourt, qu'il aura finalement refusé, pour son livre, paru en 1951, Le rivage des Syrtes. Montant : 21.000 €. Et celles de Magritte, contenant des dessins originaux ? 132.000 €.

Montant total des enchères : 900.000 € de ventes, incluant profits et frais, une somme record annonce-t-on pour une vente en Province. Les manuscrits cédés à la Bibliothèque nationale de France n'ont pas fait d'apparition suprise...

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PRÉEMPTIONS HISTORIQUES ET ENCHÈRES « GRACQUISSIMES » A NANTES

Ivoire Nantes - Couton & Veyrac, Résultats de la vente

La vente de la succession Julien GRACQ réunit près de 900.000 € (frais compris) mercredi 12 novembre à Nantes sous le marteau de Maîtres  COUTON & VEYRAC : une vente en « gants blancs » avec 100% des lots vendus à plus de 400 % des estimations. Des enchères record ont été obtenues pour des livres et manuscrits, alors que l’État a utilisé 65 fois de son droit de préemption : un niveau historique pour une vente en région.

Les lettres, dessins et photos de René MAGRITTE ont attiré plus de 178.000 €, alors que la correspondance d’André BRETON à GRACQ a réunit  93.000 €. Les livres de Julien GRACQ ont, eux, totalisé 154.000 € avec des records pour les éditions originales du « Rivage des Syrtes » (45.000 €), du « Beau ténébreux » (24.000 €) ou du « Balcon en forêt » (12.000 €). Autres vedettes des enchères : les écrivains Ernst JÜNGER (27.000 €) ou COLETTE (28.000 €). Le marché parisien a emporté à 19.000 € le « Chef d’œuvre inconnu » de BALZAC illustré par PICASSO, mais aussi la correspondance de José CORTI, l’éditeur de GRACQ à 28.000 €.

La présence d’écrivains comme Régis DEBRAY, d’éditeurs et de grands collectionneurs ont donné à cette une résonnance particulière. « L’exposition organisée le week-end du 11 novembre a été un succès populaire, avec près de 2.000 visiteurs »  déclare le commissaire-priseur Henri VEYRAC qui poursuit : « Tous les lecteurs de GRACQ ont pu repartir avec un souvenir du Maître, comme par exemple le lampadaire de la rue de Grenelle adjugé 20 € ! »

L’Etat a utilisé 65 fois de son droit de préemption. La bibliothèque Jacques DOUCET à Paris a notamment complété ses collections surréalistes avec la correspondance de BRETON. La Bibliothèque universitaire d’Angers récupère les correspondances d’écrivains et de critiques, alors que la commune natale de GRACQ, Saint Florent-le-Viel, a jeté son dévolu sur une partie du mobilier parisien. La ville de Nantes a, entre autre, fait préempter par l’Etat des photos et le livret scolaire de son ancien « élève d’élite ».

Prochaine vente « La Légende des Paquebots » le mardi 25 novembre avec plus de 1.200 souvenirs du France, du Normandie mais aussi de l’atelier d’art-déco nantais Henri GOULET.

télécharger les résultats complets

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JULIEN GRACQ VALAIT 700.000 EUROS, MOINS LE PRIX GONCOURT !

MEDIAPART, la critique au fil des lectures par Christophe JOURNET (extraits)

"Passés en direct live ou par téléphone, les mises à prix et les surenchérissements avaient de quoi donner le vertige, n'eût été la véritable hauteur éthique du moment : un silence quasi mystique, les regards oscillants entre la surprise et la conscience d'être là, à l'extrême bout du monde d'une grande oeuvre, à l'instant précis où son étrave va fendre le fleuve en crue des lettres et rejoindre le hollandais volant, Baudelaire, le Belem et les autres très grands voiliers, clin d'oeil, à trois encablures à peine du départ du Vendée globe challenge et deux jours après le Goncourt 2008."

lire l'article intégral sur MEDIA PART

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L'HERITAGE DE GRACQ LIVRE AUX FOULES

20 MINUTES, par Guillaume FROUIN

Julien Gracq fait recette. Près de 200 personnes se sont massées hier après-midi devant l'hôtel des ventes Couton & Veyrac à Nantes (Loire-Atlantique), pour assister à la vente aux enchères de trois cents biens ayant appartenu à l'écrivain décédé l'an passé. Mise à prix à 8 000 euros, une édition originale du roman le plus connu de Gracq, Le Rivage des Syrtes, pour lequel l'écrivain de Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire) refusa le prix Goncourt en 1951, s'est envolée à 37 000 euros, sa correspondance, elle, a été enlevée à 75 000 euros.

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SUCCESSION GRACQ : LES ENCHERES EMPORTENT LA FORME D'UNE VIE

PRESSE OCÉAN, Pays de la Loire par Eric CABANAS

Photo Nathalie Bourreau
On se pressait hier pour assister à la dispersion des objets personnels, manuscrits, livres, tableaux et meubles, de Julien Gracq. : Photo Nathalie Bourreau

Les prix atteints, hier, par les enchères portant sur les éditions originales et les correspondances de l'écrivain Julien Gracq ont dépassé de très loin les estimations des commissaires -priseurs.

La petite salle des ventes Couton-Veyrac de la rue Miséricorde à Nantes, a rarement été prise d'assaut aussi fébrilement. On se pressait hier pour assister à la dispersion des objets personnels, manuscrits, livres, tableaux et meubles, de Julien Gracq, l'énigmatique écrivain mort l'an dernier à 97 ans à Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire).

Mais très vite les enchères ont été trustées par une poignée de collectionneurs et professionnels bien coiffés par les préemptions des institutions (la Bibliothèque nationale, celles de Nantes et d'Angers, Jacques-Doucet à Paris) ou collectivités. Tout ce qui touche André Breton et le surréalisme a ainsi échappé au marché des particuliers et libraires.

75 000 € pour les lettres de Breton

Clou de la vente, la correspondance adressée par André Breton à Julien Gracq, 33 lettres dont 8 cartes postales, a atteint le record de 75 000 €, aussitôt préempté par la bibliothèque Jacques-Doucet, spécialiste du surréalisme. Une lettre du peintre René Magritte est partie à 37 000 €, tandis que deux autres ornées de dessins ont été enlevées à 30 000 €.

Difficile également d'acquérir des éditions originales à un prix raisonnable. Le fameux Rivage des Syrtes de 1951, l'un des 40 exemplaires de tête, estimé 12 000 € a été adjugé 37 000 €, l'édition originale d'Un Balcon en forêt (1958) est partie à 10 500 €...

Le livret scolaire pour Nantes

La commune de Saint-Florent-Le-Vieil a modestement acquis des éléments plus personnels, comme une carte postale de Louis Poirier à sa mère et à sa soeur (500 €) ou son portrait encadré avec sa soeur (650 €).

La ville de Nantes, représentée par Agnès Marcetteau a, quant à elle, préempté le fameux livret scolaire de Louis Poirier au lycée Clemenceau à Nantes de 1926 à 1928 pour la coquette somme de 4 000 €.

Et pour acquérir la correspondance de l'éditeur José Corti, à son auteur fétiche, il a fallu à l'acheteur débourser plus de 23 000 €.

La lettre du jury Goncourt

Parmi les principaux acheteurs, Jean-Baptiste de Proyart, libraire, n'a pas hésité à pousser les enchères. « Je collectionne depuis longtemps. C'est un peu curieux de voir Gracq finir rue Miséricorde à côté du cimetière ! Mais je suis heureux, j'ai pu acquérir une lettre de Jacques Chardonne à Gracq en réponse à l'envoi de son livre Préférences qu'il lui avait dédicacé et que j'avais trouvé il y a sept ans dans une foire au livre ! ».

Et si Julien Gracq avait frappé les esprits en refusant le Goncourt pour le Rivage des Syrtes, il avait bien précieusement conservé la lettre officielle signée par Colette, la présidente du jury, lui confirmant l'attribution du prix. Ce papier a été adjugé 21 000 €. Un prix posthume !
 

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75 000 € POUR LES LETTRES DE BRETON A GRACQ

OUEST FRANCE, Pays de la Loire par Isabelle LABARRE

Franck Dubray.
Une édition originale du « Rivage des Syrtes » a été adjugée 37 000 €. : Franck Dubray.

         

Les enchères ont atteint des sommets, hier, lors de la vente des souvenirs de l'écrivain. Des biens ont été préemptés pour Nantes et Saint-Florent.

« J'aurais aimé acheter une édition originale de Prose pour l'étrangère, une oeuvre hors commerce, estimée à 200 €. Mais les prix sont montés tellement vite ! » Anne, enseignante dans un lycée de Quimper, « Gracquienne jusqu'au fond de l'âme », est repartie à la fois déçue et très impressionnée par la vente des biens de l'écrivain. « Un peu triste aussi, cette dispersion. On a l'impression de participer à une opération de sauvetage. »

Une opération à la hauteur de l'oeuvre, « qui marquera ma vie de commissaire-priseur » se félicite Me Henri Veyrac. Pour un montant global d'environ 800 000 €, les enchères se sont littéralement envolées, hier, sur les livres et la correspondance de l'écrivain. Comme prévu, les lettres d'André Breton atteignent des sommets, adjugées à 75 000 €, préemptées par la bibliothèque Jacques-Doucet (Institut national d'histoire de l'art à Paris).

L'ensemble des lettres de René Magritte, avec dessins originaux, partent pour un total de plus de 130 000 €, achetées notamment par des collectionneurs de Londres et de Belgique. Des éditions originales du Rivage des Syrtes et d'Un beau ténébreux sont acquises respectivement pour 37 000 et 20 000 euros. Qui dit mieux ?

Dans la salle bondée de l'hôtel des ventes, le public retient son souffle et guette les hochements de têtes discrets des enchérisseurs. Collectionneurs, libraires, lecteurs argentés... et institutions qui, par le biais du droit de préemption, ont très souvent raflé la mise.

Mandatée par l'État pour le compte de la Ville de Nantes, Agnès Marcetteau, directrice de la Bibliothèque de Nantes, revient avec les trésors escomptés. Dont les ouvrages de Breton dédicacés à Gracq pour la médiathèque et le livret scolaire de l'écrivain pour le musée du Château des ducs de Bretagne. « C'est une suite logique de la vente Breton, au cours de laquelle nous avions acquis les livres de Gracq dédicacés à Breton. Cela nous aidera à la préparation d'une exposition sur le surréalisme en 2009. »

De la même façon, des lettres d'écrivains et de critiques reviendront à la Bibliothèque d'Angers et le portrait de Gracq par Veillé, le bureau et le fauteuil club à la ville de Saint-Florent-le-Vieil.

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