31 octobre 2008
SUCCESSION JULIEN GRACQ
LE JOURNAL DES ARTS, Marché de l'art
30 octobre 2008
LE GÂCHIS GRACQ
LE TIERS LIVRE, par François BON
merci à Pierre Assouline
Ça n’a pas de nom. On en cracherait de dégoût. C’est rien : un vieux fauteuil défoncé (« Prenez place, je vous prie, permettez que je garde mon couvre-chef »), la table en merisier comme dans la moitié des maisons du village, où il avait ses télécommandes pour ses DVD d’histoire et d’opéra, et les quelques livres reçus qui lui étaient ce lien intellectuel au monde. Personne ne veut de la maison, et le reste, à ce prix, on pourrait se l’approprier soi (non, surtout pas, fermer les yeux et le nez), sauf la vue sur la Loire. C’est comme ses cendres, où dispersées, après la crémation d’Angers ? Merci Pierre Assouline pour ce billet, et le petit jeu d’échecs en plastique. Les tableaux étaient mauvais (« Je n’ai jamais eu d’affinité avec la peinture »), mais les photos : celles de sa famille. Pour Louis Guilloux, à Saint-Brieuc, on a gardé au moins le bureau, la pièce de travail : qui, y entrant aujourd’hui, n’entendrait pas Cripure, la guerre et comment on reste moralement debout ? Que l’odeur de ce commerce puant colle aux mains de tous ceux qui y auront trempé. Auraient mieux fait d’appeler un vide-grenier, un matin tôt, et hop au revoir, mais sans rien du nom Poirier. La photo ci-dessus ? Brûlez-la, il n’y a plus rien.
© François Bon _ 30 octobre 2008
29 octobre 2008
L'HERITAGE DE JULIEN GRACQ
Catégorie(s) Livres et manuscrits, Au fil des ventes, Photographies -
Mercredi 12 novembre à Nantes (44), l’hôtel des ventes Couton & Veyrac dispersera suite à succession les livres, correspondances, photos, tableaux et objets ayant appartenu à Julien Gracq (1910-2007). Le commissaire-priseur Maître Henri Veyrac nous présente l’écrivain au travers des objets proposés aux enchères (entretien réalisé par Capucine Bordet) :
Cliquer pour écouter cette interview
TOUTE UNE VIE A L'ENCAN
LE BLOG DE PIERRE ASSOULINE : http://passouline.blog.lemonde.fr/2008/10/29/poste-tsf-5080-euros/
Allez
savoir pourquoi, cette lecture m’a attristé, vraiment. Ce n’est pas un
livre mais un catalogue. Celui de la vente “Succession Julien Gracq
1910-2007″ que je vous avais récemment annoncée. Dans
la perspective du 12 novembre, j’ai donc reçu le menu des
réjouissances. Les commissaires-priseurs nantais Couton & Veyrac ne
sont pas en cause, non plus que les experts Emmanuel Lhermitte et
Thierry Bodin. Il s’agit de la tristesse que suscite toute dispersion,
et de la tristesse supérieure qui s’empare de nous lorsque le
volatilisé nous fut familier, soit par sa personne, soit par son
oeuvre, soit par les deux.
Passe encore pour les livres d’André Breton, éditions originales
sur beau papier dédicacées, ou les éditions bibliophiliques richement
illustrées de Gracq même. Classique. Le coeur se serre au chapitre
suivant lorsqu’on découvre les correspondances et les tableaux qui
ornaient ses murs. L’émotion est plus forte lorsqu’on sent que les
collectionneurs traditionnels, une âme de brocanteur et de la graine de
spéculateur, se détourneront. Les photos sépia. Celles de l’album de
famille. De la classe de 1ère au lycée Clémenceau à Nantes. D’un voyage
en amoureux à Venise ou ailleurs avec Nora Mitrani. D’un dîner de
copains chez Françis Ponge. On a l’impression de violer l’intimité de
cet intraitable discret. De son vivant, tout cela était intouchable.
Vie privée, jardin secret. On n’entre pas et ce fut respecté. Le plus
bouleversant est pour la fin :
c’est
le chapitre “Mobilier”. Là, on sent bien qu’il ne restera plus que les
fétichistes et les revendeurs dans la salle. D’ailleurs, les
estimations de prix, qui paraissent assez moyennes dans l’ensemble,
semblent là franchement basses. Son fauteuil club en cuir marron
(200/300 euros). Son bureau en bois au piètement en X (1000/ 1500
euros). Son téléphone en bakélite noire, sa bibliothèque, ses
lampes, ses valises… Le lot No323 m’a bouleversé, allez savoir
pourquoi : son poste TSF gramophone “La voix de son maître” (50/80
euros). Et le No 421 aussi : un simple jeu d’échecs en plastique et
plateau souple, le moins cher du marché, avec des carnets dans lesquels
ce joueur solitaire, qui dirigea un club en Bretagne durant ses débuts
de professeur, recopiait les parties historiques qu’il étudiait
ensuite. On en ignore le prix mais on en sait la valeur.
A-t-il vraiment voulu ça ? Quand on songe à toute les institutions d’archives littéraires (Bnf, Imec, Bibliothèque Jacques Doucet…) qui aurait pu l’accueillir si les pouvoirs publics s’en étaient vraiment mêlés ! Impitoyable comme un inventaire après décès. Au fond, cette liquidation permettra peut-être de tourner la page d’une certaine façon. Pour mieux retrouver l’âme de Julien Gracq là où elle n’a jamais cessé d’être. Chez José Corti et successeurs, libraires-éditeurs à Paris, face aux grilles du jardin du Luxembourg, 11 rue de Médicis.
(Louis Poirier, élève de 3ème au lycée Clémenceau à Nantes en 1924-1925, photo D.R.; “Julien Gracq chez André Breton, 1961″, photo Henri Cartier-Bresson)
Lire les commentaires sur le blog de Pierre ASSOULINE
JULIEN GRACQ (1910-2007) EN VENTE AUX ENCHERES LE 12 NOVEMBRE A NANTES : CORRESPONDANCE AVEC BRETON ET CHAR
Une matinée avec Gracq, et la vie se fait autre, progressivement. Hommage littéraire, à quelques jours de la vente aux enchères programmée le 12 novembre à Nantes de ses biens, de quelques-unes de ses correspondances avec Breton, Colette, Char, Barrault le comédien aussi, pour ne citer qu’eux.Tombeau de Louis Poirier, alias Julien Gracq, dont la sépulture a eu lieu le dernier jeudi de 2007 à Montreuil-Juigné (Maine-et-Loire), en banlieue d’Angers. Brève escapade au pays des Syrtes, promenade à la Kenneth White sur ce rivage très –trop ?- littéraire moins d’un an après la disparition de celui qui eût sans doute mérité le Nobel à titre posthume, si les prix avaient un sens que l’ex refuznik du Goncourt en 1951 ne leur accordait pas…
ParChristophe Journet alias Jo Gatsby
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23 octobre 2008
PUBLICITE GAZETTE VENTE JULIEN GRACQ
LA GAZETTE DE L'HÔTEL DROUOT

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VENTE AUX ENCHERES DE LA SUCCESSION JULIEN CHEZ MES COUTON & VEYRAC
Lire l'article sur le site de la VILLE DE NANTES

- Parmi les objets vendus figure ce portrait de Julien Gracq de R. Veillé (XXe siècle) Pastel sur papier coloré, signé et daté en bas à droite 10/10/1942 39x31 cm. ©D.R.
Mercredi 12 novembre 2008 à partir de 14h, des objets personnels ayant appartenu à Julien Gracq sont mis en vente à l'hôtel des ventes sous le marteau de Mes Couton & Veyrac.
Il s’agit de livres, d’éditions originales,
d’ouvrages évoquant son intérêt pour les surréalistes, de photos, de
tableaux, de correspondances et de mobilier qui ont constitué une
partie de l’univers personnel du grand écrivain dans sa maison angevine
de Saint-Florent-le-Vieil et dans son appartement parisien du 61, Rue
de Grenelle.
Né en 1910 et décédé sans descendance directe à
l’âge de 97 ans, l’auteur du Rivage des Syrtes, en homme méticuleux,
précis et ordonné, a attribué en avril 2000 la totalité de ses biens
personnels à différents destinataires.
Ce document, sobrement
intitulé "Ceci est mon testament" tient en trois feuillets et deux
codicilles à l’interlignage serré mais à la calligraphie claire et
nette. Les seuls lecteurs de l’intégralité de ce document posthume sont
son notaire, Me Yannick Thébault, de Varades (Loire-Atlantique) et les
attributaires que l’auteur y a désignés.
Pour l’état civil et
le respect de la procédure, le document porte la signature de Louis
Poirier et son rédacteur a ajouté: "En littérature Julien Gracq". On
connaît par la presse les destinataires institutionnels du testament de
Julien Gracq.
L’auteur désigne la Bibliothèque nationale de
France comme attributaire de la totalité des manuscrits autographes
d’une vingtaine de ses œuvres (dossiers de préparation et textes
définitifs) et manuscrits inédits dont un récit inachevé ainsi que
plusieurs carnets de notes.
À charge pour la BNF de fournir à
la Bibliothèque Universitaire d’Angers, qui dispose déjà d’un fonds
Julien Gracq, la copie numérisée des manuscrits des ouvrages publiés.
Angers
recevra également les traductions étrangères de ses livres et les
ouvrages consacrés à Julien Gracq. Le droit moral et de divulgation a
été confié à Mme Bernhild Boie, professeur émérite de littérature
germanique à l’Université de Tours qui a édité les Œuvres Complètes de
Julien Gracq à la Pléiade.
De Saint-Florent-le-Vieil à Nantes et la Forme d’une ville
Si Saint-Florent-le-Vieil a vu naître et mourir
Julien Gracq, Nantes où il étudia, où il découvrit l’univers
fantastique de Jules Verne et où il rencontra André Breton et le
surréalisme, fut plus qu’une étape décisive dans sa vie.
Nantes,
"ce n’était pas seulement une ville où j’avais grandi, c’était une
ville où, contre elle, selon elle, mais toujours avec elle, je m’étais
formé...". On se réjouira donc du choix de Nantes par plusieurs des
héritiers de Julien Gracq pour disperser certains souvenirs à attachés
sa vie personnelle, à son œuvre littéraire et à ses rencontres
artistiques.
Au catalogue figurent une trentaine de dessins,
aquarelles, huiles et lithographies, acquis peu à peu et qui devinrent
son environnement quotidien. Saint-Florent-le-Vieil n’était pas un
ermitage inaccessible.
Les écrivains qui ont aimé Gracq, qui
avaient une dette d’écriture envers le maître, ceux qui appréciaient
son œuvre, ont eu le loisir de lui faire parvenir leurs propres essais.
Une centaine d’ouvrages, le plus souvent en éditions originales,
dédicacés – voire complétés d’un "envoi" personnalisé qui dit leur
admiration et révèle parfois leur talent – ont ainsi été conservés par
Gracq à son domicile parisien ou son lieu de vacances. S’ils n’ont pas
rejoint quelque enfer ou le chemin de l’oubli, c’est que Julien Gracq
les considérait comme essentiels ou qu’il partageait une sorte de
fraternité voire de complicité avec leurs auteurs.
Ainsi des
livres d’Ernst Jünger, dont on sait qu’il fit le pèlerinage des bords
de Loire, d’Henri Queffelec avec lequel Gracq entretint sans nul doute
une correspondance, de Régis Debray qui avait son affection littéraire,
des livres de Rimbaud, de Cocteau, de Colette… Figurent bien sûr
quelques surréalistes: André Breton, forcément, René Char, Man Ray et
André Pieyre de Mandiargues, mais on trouve aussi dans cette liste de
proximité de sympathie le nom d’Eric Orsenna, celui de Jean d’Ormesson
et de Maurice Rheims.
Les curiosités intellectuelles de Julien
Gracq étaient multiples. Sauvage, diront ses détracteurs, Julien Gracq
n'aimait guère les photographes. C’est pourquoi on trouvera un intérêt
rare à la présentation d’une trentaine de photos de l’écrivain, dont
plusieurs sont de l’objectif curieux de Robert Doisneau, son studio
Harcourt à lui, vivantes et fraîches.
Et puis cet étonnant clin d’œil pour ce si pudique sujet, un portrait où Gracq joue à cache-cache avec un masque d’une façon tellement surréaliste. Les passionnés de l’œuvre de Gracq apprécieront de trouver dans le catalogue 35 lettres ou cartes postales et deux télégrammes à lui envoyés par André Breton. Le pape du surréalisme salue de façon continue l’imagination et l’originalité de l’auteur du Château d’Argol dans un échange littéraire riche et passionné.
La dédicace que Breton rédige en 1945 de son livre "Le surréalisme et la peinture " est même une façon d’adoubement à l’Angevin: "A Julien Gracq, au voyant, André Breton."
Une riche correspondance manuscrite avec Barrault ou Colette
Une longue correspondance manuscrite de Jean-Louis
Barrault tenté par la traduction d'une pièce de Kleist par Julien Gracq
s’achève par une condamnation foudroyante et peu amène de Sylvia
Montfort et de son époux Maurice Clavel, soupçonnés par Barrault de lui
avoir volé l’idée.
Au "chapitre" des correspondances, le plus
savoureux, pour les historiens, sera certainement la lecture d’une
courte missive de Colette à Julien Gracq rédigée en 1951 sur un demi
format et sous la typographie "courrier" d’une Remington
administrative.
La présidente du jury Goncourt confirme à l'auteur du Rivage des Syrtes qu’il a obtenu le prix si convoité. Lettre officielle et obligée, quoi qu’en ait décidé le récipiendaire dont on connaît le refus retentissant. "La Chatte" ne sortira pas ses griffes pour autant et correspondra en amie avec Gracq à d’autres reprises..
Expositions Publiques :
- Samedi 8 novembre de 9h à 12h et de 14h à 18h
- Lundi 10 novembre de 9h à 12h et de 14h à 18h
- Mardi 11 novembre de 9h à 12h et de 14h à 18h
- Mercredi 12 novembre de 9 h à 11 h.
Vente aux Enchères Publiques:
- Mercredi 12 novembre 2008 à 14 h
- Catalogue disponible sur demande, 15 €
L'Hôtel des Ventes
Couton & Veyrac
8-10, rue Miséricorde - BP 71906
44019 Nantes Cedex 1
21 octobre 2008
LA FORME D'UNE VIE DISPERSEE SOUS LE MARTEAU
PRESSE OCEAN, Nantes Métropole
COMBIEN POUR CE GRACQ DANS LA VITRINE ?
OUEST FRANCE, Nantes Métropole
LES EFFETS DE JULIEN GRACQ VENDUS AUX ENCHERES
20 MINUTES, Grand Nantes





