Hier soir au Zénith de Paris François Bayrou tenait une "réunion d'information publique". A 19h00 quand je suis arrivé la salle de 7.000 place était déjà pleine et nous étions plusieurs milliers à attendre dans le froid de ce premier jour de printemps que le show commence.

IMAGE_00308

J'avais déjà vu Bayrou en 2003, lors d'une émission télé animée par Paul Amar : "les 109", à laquelle je participai. A Vendôme d'où je viens personne n'est insensible à la bande des députés, maires, sénateurs et autres conseillers généraux UDF du Loir et Cher. Allez Momo ! Dans l'assistance : les bourgeois de Paris, Libé, le Monde ou le Canard en poche. Population essentiellement blanche, majoritairement masculine, désabusée par Ségolène Royale, militants mittérandiens à l'époque de leurs premiers émois. Des jeunes aussi. Beaucoup.

Malgré son ton professoral, son incapacité à faire vibrer sa voix pour emporter les coeurs Bayrou a cogné fort, comme un boxeur qui prend son temps et lamine son adversaire à petit feu, construisant l'uppercut final du second tour. Un discours de gauche solide, une critique du sarkozo-chiraquisme acide, des formules rodées à l'emporte pièce, des valeurs humanistes chrétiennes, une modestie déconcertante et des engagements clairs. Voila le cocktail de sa "révolution pacifique".

IMAGE_00309

Je me suis cru dans une manif alterlibérale lorsqu'il a expliqué "savoir ce que c'est de vivre avec 630 € par mois" (la retraite de sa mère), qu'il a réclamé une "Europe protectrice mais pas protectionniste" concentrée sur l'essentiel, qu'il a défendu le service public et expliqué les arcanes du scandale d'Airbus : Lagardère père il ya dix ans paye quelques centaines de millions d'euros (valeur de Matra) pour une participation dans le nouveau groupe que lui offre l'Etat. S'en suit une guerre civile entre les dirigeants, instrumentalisée par des clans politiques au pouvoir. Lagardère fils vends sa participation pour plus d'un milliard d'euro quand il sent le vent tourner. Le cours s'effondre, 600 millions d'euros volent en fumée. Des milliers d'emplois sont menacés. Qui paye l'addition ? Les Français puisque c'est la Caisse des Dépots et Consignations et d'autre institutions financières controlées par l'Etat qui ont racheté les actions du principal ami médiatique et industriel du candidat UMP !

Bayrou dénonce beaucoup mais propose moins, sinon des mesures symboliques fortes : institution d'un "small business act" pour aider les petites et moyennes entreprises, revalorisation des petites retraites à 90% du SMIC en cinq ans, soutien de l'éducation et mission donnée à l'université d'insérer les étudiants dans la vie professionnelle. Le reste est une question de valeurs, de principes, de cesser avec le clientèlisme et le noyautage de l'Etat par deux partis, de promouvoir au mérite, de réduire la dette, de rendre la parole au peuple pour les questions importantes (référundum) et de ne pas réformer par ordonnance (passer par le Parlement).


BAYROU AU ZENITH
envoyé par piranhaspelegrins

A ceux qui lui demandent comment gouvernerez-vous ? Il a l'intelligence de renvoyer la question en rappelant qu'en 2002 Chirac élu avec 19% des voix a emporté une majorité de 365 députés. Autant que de jours dans l'année ! C'est la bipolarisation à outrance depuis 25 ans qui a conduit il y a cinq ans à un score cumulé de 40% des votes pour les extrêmes. Alors essayons l'inverse en rassemblant plutôt qu'en divisant, en dépassant les clivages plutôt qu'en s'arqueboutant sur des privilèges. Ce soir, avec François Bayrou moi aussi je dis La France de toutes nos Forces !

http://www.bayrou.fr