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Près  de 70 prêtres et enfants de cœur réunis autour de l’évêque, accompagnés d’ une assemblée nombreuse et priante ont dit À Dieu au Père Jean BOULAY.

Le diocèse s’est rassemblé mercredi trois octobre 2006 dans l’église de la Madeleine à Vendôme pour dire À Dieu à son missionnaire des jeunes, le Père Jean BOULAY. Autour de l’évêque de Blois, Monseigneur Maurice de GERMINY, trente-six prêtres étaient présents, notamment les Pères Pierre AUBERT son fils spirituel, François BROSSIER son complice depuis trente cinq ans, Didier son petit-neveu, et Michel BOULAY son frère. Pour la trentaine d’enfants de cœur réunie en ce mercredi après midi il était comme un grand-père. Ils étaient aussi émus que ses premiers élèves des années 1941-1942, retrouvés parmi la vaste assemblée des communautés paroissiales de Montoire, de Vendôme et des autres fidèles. Chacun se sentait en ce jour orphelin d’un homme connu à l’âge de l’enfance ou de l’adolescence. Chacun avait dans le cœur le souvenir d’une relation unique avec un homme hors du commun.

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Le Père BROSSIER a rappelé dans son éloge funèbre l’intelligence de ce prêtre qui, entre autre, a passé les quatre certificats de la licence de Philosophie en seulement six mois : « Prodigieux ! » ; ou qui citait par cœur Péguy, Claudel, ou Bergson après les avoir lu une seule fois. Jean, quatre-vingt et un an, a été un de ses nombreux élèves. Il se souvient avoir été surnommé « John », à cause de son caractère flegmatique. Bernard, soixante dix-sept ans dans trois mois est lui devenu instituteur : « Une phrase du père BOULAY, dit-il, m’a particulièrement marqué. Je la donnais régulièrement en leçon d’écriture à mes élèves : C’est en creusant l’instant que l’on trouve l’éternité. »

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« J’aimerai bien connaître l’adresse de son ange gardien ! »

Mais ce prêtre fougueux ordonné en 1942, ce pédagogue atypique, allait un moment être jugé trop audacieux par ses pairs, et être évincé de l’enseignement blaisois. « Peu importe, confiait-il récemment, puis qu’au fond le Concile de Vatican II m’a donné raison. Nous étions simplement en avance sur notre temps, des éclaireurs. » Il devient ensuite aumônier national des Cœurs Vaillants, une organisation de jeunesse, puis est nommé aumônier du Lycée Ronsard à Vendôme en 1963, avant d’accepter la charge de curé à Montoire en 1971. Quand une de ses nièces évoquera en fin de messe « l’ange gardien de son tonton Jean », de nombreuses têtes acquiescent. « J’aimerai bien connaître l’adresse de cet ange, entend-on. En plus de cinquante camps de jeunes, à la montagne ou à la Beaugendrerie (NDLR : une maison qu’il avait restauré pour accueillir des groupes) il n’a jamais connu un seul incident ! »

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Le Père Pierre AUBERT, un de ses fils spirituels, comme le Père Henri MADELLIN ancien provincial des Jésuites, explique dans son homélie avoir appris à ses côtés la confiance d’un enfant pour un adulte, et celle d’un adulte pour un enfant : « Auprès de l'enfant se trouve la vérité disait Socrate ! Jean aimait cette citation, prêche t-il. » Mais avec lui, c’est le mystère de l’Eucharistie, la joie d’être prêtre et le secret intime de l’amour du Christ qui prenait corps. Le prédicateur se rappelle ainsi la question que lui avait posée Jean BOULAY lorsqu’il lui avait annoncé son désir d’être prêtre : « Seras-tu utile ? Seras-tu  heureux ? Car on est utile quand on est heureux. On est heureux quand on est utile. Je n'ai jamais oublié cette phrase, témoigne t-il, et, devant lui, aujourd'hui, j'ose la redire à tout jeune qui cherche un sens à sa vie. »

« Lorsque les enfants de cœur allument quatre bougies autour de son corps, le rite de la lumière devient Lumière »

C’est le sens profond de la vie de ce prêtre qui a donc marqué toute la cérémonie, animée par les très beaux chants du Père BROSSIER. Ainsi lorsque des enfants de cœur, ces soutanes rouges auxquelles il avait dédié son livre de souvenirs, allument quatre bougies autour de son corps, le rite de la lumière devient Lumière. De même lorsque son petit-neveu et son frère prêtres couvrent le cercueil  de l’étole et de la chasuble blanche, le rite des vêtements liturgiques  donne la pleine mesure de la fraternité ecclésiale. Monseigneur de GERMINY, qui a célébré l’eucharistie, dit la tendresse des billets que lui envoyait Jean, « beaux, plein de malice parfois, et de considérations variées sur le temps qui passe. » Dans l’une de ces dernières lettres, Jean BOULAY écrivait le message d’un de ses jeunes visiteurs : « Vous n’êtes pas vieux, car vous nous aimez et on vous aime. » La présence de jeunes de tous les âges, depuis les petits en larmes jusqu’aux anciens bouleversés, a montré l’incroyable charisme de cet homme qui accueilli le Royaume de Dieu dans sa vie comme nous le demande l’Évangile : à la manière d’un enfant.

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Guillaume, dix-sept ans, était un des jeunes amis vendômois du Père BOULAY. Il se souvient de sa porte toujours ouverte : « Je passais la tête voir s’il était là, et nous pouvions rester deux ou trois heures à discuter sans voir le temps passer. Il était toujours là pour nous écouter. Il va beaucoup me manquer. » M. Michel CUREAU, conseiller général maire de Montoire a dirigé dans sa jeunesse des camps du Père BOULAY. Il confie : « Cette forte personnalité ne laissait personne indifférent. Je ne suis pas religieux mais il est pour moi une référence. Il m’a transmis des valeurs qui m’ont été utiles et qui m’ont inspiré. »

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Quelques jours avant de mourir, le Père BOULAY avait prononcé dans cette même église de la Madeleine une phrase en guise de testament spirituel : « Nous ne savons jamais le bien que nous faisons. » Les générations réunies ce mercredi pour lui dire « À Dieu » peuvent témoigner du bien qu’il a fait sur Terre, et prient pour qu’il soit accueilli au Ciel comme il le souhaitait dans les dernières pages du Témoin émerveillé : en chien fidèle du Seigneur.

par Aymeric et Cécile Rouillac

Télécharger l'Homélie par le Père Aubert et le discours du Père Brossier : Enterrement_du_pere_Jean_Boulay_dans_La_Renaissance_du_Loir_et_Cher