Retour au Burning Gaht. Se perdre à Benares.

 

Les pieds sont tournés vers le fleuve. L’attraction de Benares, c’est bien entendu les Burnings Gahts. Pas de photos, on respecte l’intimité des familles. Le Gaht crématoire est situé en aval de la ville, un peu avant celui du Raja de Benares. On y arrive par la rive, ou bien par la ville. Comme les morts. Ceux ci sont entourés d’un cercle d’hommes, qui portent le sari sur deux morceaux de bambou. Quand il s’agit d’une personne âgée le sari est doré, pour un jeune homme blanc et une jeune fille orange. La première étape est de baigner le corps pour une dernière foi dans le Gange. On l’asperge puis on le trempe franchement, en prenant garde qu’il ne soit pas emporté par les flots. On remonte ensuite le corps vers son bûcher. A la limite de l’eau pour les pauvres, sur une terrasse un peu plus haute pour les castes moyennes, et au pied d’un temple voisin pour les castes supérieures. Les pieds sont tournés vers le fleuve, un “prêtre” encense le tout puis met le feu. La crémation va durer trois heures. On a parfois l’impression d’assister à une partie de barbecue. On retourne le corps, comme une brochette qui prendrait mal. La chair calcinée se consume petit a petit. La famille est restreinte au cercle des très proches. Et au milieu coule une rivière… Le rite est très paisible. Pas de cris, ni de musique ou de pleurs. Pas de femmes. La mort est une des étapes du cycle de la réincarnation chez les hindous. C’est ce qui attire et intrigue nombre d’occidentaux, à la recherche du Sens. Les cendres seront ensuite dispersées dans le Gange.
 

Tous pourris les extrémistes. La vieille ville est elle aussi mystérieuse. Le temple népali est décoré de sculptures érotiques,  plutôt soft. Le golden temple est le centre d’un important business religieux souvenir. Son dôme est entièrement recouvert à la feuille d’or, et brille de mille éclats. Le temple est interdit aux non hindous. A côté, protégée par deux murs de sécurité dignes de la bande de Gaza, et défendue pas des soldats en armes, se situe la mosquée. Elle aussi interdite, aux touristes. Des extrémistes hindous ont promis de venir la raser dès que possible. Ca me fait bien rire de lire le Premier Ministre dans le Times Of India profiter de la destruction des Bouddha afghans pour cracher sur le Pakistan. Tous pourris les extrémistes…  Je traverse le Gange dans la matinée avec un jeune passeur, Babu. C’est le genre de gamin très cool et ultra attachant, qui te fait découvrir plein de choses en toute simplicité.  Au milieu de la partie asséchée il y a une carrière de 20 mètres de profondeur où des semi remorques  s’approvisionnent en sable.  Je retourne dans la soirée pour lui donner une photo que j’ai prise de lui. Il est ravi toute la famille veut maintenant une photo. C’est bête j’ai pas mon appareil.