Bouffer de la vache, wahou ! le Taj Mahal, magique. Danser pour Krishna, envoûtant.
 
 

On me sert du bœuf, un rêve. Grosse journée, départ en car 6 h 30, retour 23 h 30. Beaucoup de bus pour le Taj. En arrivant à Agra nous commençons par visiter le fort, qui est une pure merveille de palais mongol. Agra était  la capitale de l'empire mongol pendant un bon bout de temps. La tour d'où gouvernait l'empereur dans le palais de marbre blanc est tout simplement splendide. Elle domine la rivière Yamunâ et m'inspire le sacré, la puissance et l’intelligence. Balaise. Le fort est antérieur à celui de Delhi et le dépasse en beauté, charme et qualité. Des remparts on voit au loin le Taj Mahal.

Le guide nous arrête dans son restaurant. Je prends la fuite avec une japonaise, Akiko, toute étonnée et surprise de quitter un groupe. Nous déjeunons dans un resto musulman, et pour la première fois depuis de longs mois je peux manger de la vache. Je demande des chowmein au mouton et on me sert du bœuf, un rêve. Vache folle ou pas, la vache est la mère de l’Hindou. “ Moi ta mère, je la bouffe… ” Ok. Mes péripéties gastronomiques vous intéressent moins que le Taj. La suite.

Raide dingue. Le Taj est un mausolée, construit pour la femme chérie de l’empereur Shah Jahan, au XVIIème siècle. Le monument a toujours exercé la double fonction tombe et apparat. 22 ans pour le construire, des dizaines de milliers d’ouvriers, des architectes venus du monde entier, et une débauche de marbre blanc, de pierres semi-précieuses et autres matériaux fastueux… Comme les pyramides, le Taj est l’un des ces rares monuments qui se dégagent du temps comme de l’espace, le ciel est son seul arrière plan. Ni forêt ni campagne. Pour la description touristique reportez vous aux guides que vous trouverez dans le commerce. Je me disais avant de visiter ce phare de l'Inde que c'etait un truc battu et rebattu, presque monotone. Détrompez vous. En pénétrant dans les jardins, le Taj apparaît flamboyant, dans l'ombre du porche. Un feu ardent qui ne s'éteint pas de si longtemps. Ses formes sont majestueuses. Symétrique il se reflète dans les jets d'eaux qui l'entourent. Beau de loin... et de près aussi. La finition est impeccable. Les fleurs de pierre incrustées dans le marbre, les versets coraniques d'une seule pièce, l'alignement parfait du dôme, des tombes, du jardin... raide dingue.
 

Ambiance discothèque. Pause obligée sur le lieu de naissance de Krishna. Lui, c’est le dieu que je préfère parce qu’il se trimballe toujours avec un tas de nanas splendides. Le temple est vaste et moderne. AP de charme mais de l’espace. Un peu comme Lourdes en plus petit.  Les tambours battent le rythme en entrant. Très vite, festifs et entraînants. Je tape dans les mains, on me demande de m’asseoir, puis de danser. Refus de principe. L’ambiance discothèque dans un temple c’est surprenant… L’invitation est pressante, je me lève sous les applaudissements puis danse, seul au milieu de la piste ! Les pèlerins se massent pour m’observer, pris au dépourvu. Danse sans queue ni tête, juste fêter Krishna. Je me rassieds, intimidé par le monde. On me passe un collier de fleurs autour du cou. C’est reparti pour un tour. J’aperçoit alors une indienne de mon groupe. Je lui passe la guirlande dans un tonnerre d’applaudissements et de sifflets, nous flirtons pour Krishna dans la joie. Incroyable. C’est ouf ce que ça peut être conservateur et naïf à la fois un indien…